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En lieu et place d’un débat public avec le premier ministre Ousmane Sonko, qui n’a pas encore accédé à sa demande, Thierno Alassane Sall a tenu ce mardi une conférence de presse où il a été le seul à prendre la parole sur des sujets aussi divers que variés. Allant du prix du carburant, aux difficultés des pêcheurs locaux, des travailleurs dans le BTP, des agents victimes de licenciement, et entre autres, le leader de la République des Valeurs (RV) n’a pas bien noté l’an 1 du président Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement au pouvoir.

« Je me demande comment un État sérieux peut-il fouler aux pieds les urgences en faisant la sourde oreille face aux revendications justes et légitimes des populations », dénonce d’emblée Thierno Alassane Sall. A défaut d’avoir un face to face avec le Premier ministre, son adversaire politique, il a tenu à animer une conférence de presse. « Depuis un an, ils sont au pouvoir. On devait commencer à voir les résultats de leur gouvernance.  Mais rien ! Que dalle sur le plan des infrastructures, de l’Enseignement supérieur, de la pêche, entre autres », dira-t-il pour s’en désoler.

Le grand déballage de Thierno Alassane Sall après son appel à un débat public avec Sonko : « A côté du secteur du Btp qui agonise, les cimenteries ont vu leurs chiffres d’affaires baissés à hauteur de 25 % à cause de l’arrêt de plusieurs chantiers. Et si le CSE a licencié 650 agents, l’entreprise Eiffage a été obligée de faire appel à la France pour payer ses salariés »

Pour preuve, le secteur informel, où les différentes couches ont pour la plupart voté Pastef, est gagné par le désespoir, a constaté le député non inscrit. « Les pêcheurs de Saint-Louis sont venus me voir. Ils dénoncent les difficultés auxquelles ils font face.  Près de 40  de leurs collègues sont disparus dans la brèche. A cela s’ajoutent les mesures que le gouvernement a prises avec comme impact négatif sur l’économie du Sénégal. Car à côté du secteur du Btp qui agonise, les cimenteries ont vu leurs chiffres d’affaires baissés à hauteur de 25 % à cause de l’arrêt de plusieurs chantiers. Et si le CSE a licencié 650 agents, l’entreprise Eiffage a été obligée de faire appel à la France pour payer ses salariés », renseigne-t-il.

 « Il y a eu 30814 cas de licenciements. Mieux ou pire, ils ont été  remplacés, sans appel à candidatures, par les proches et autres militants du régime actuel. Je connais une entreprise où le Directeur général a recruté son ami, sa copine et son garde du corps et leur a donné des primes de fin d’années consistantes »

Ce n’est pas tout. Thierno Alassane Sall a aussi abordé les licenciements jugés abusifs notés dans certains départements stratégiques, depuis le changement de régime. Et c’est pour dire : « Il y a eu 30814 cas de licenciements. Mieux ou pire, ils ont été  remplacés, sans appel à candidatures,, par les proches et autres militants du régime actuel. Je connais une entreprise où le Directeur général a recruté son ami, sa copine et son garde du corps et leur a donné des primes de fin d’années consistantes. » Estimant avoir affaire “à un gouvernement sans vision, qui peine à régler les problèmes des Sénégalais”, Thierno Alassane Sall a plaidé l’urgence de ramener le prix du carburant à sa juste valeur. « On est pays producteur de pétrole, mais le prix du carburant est plus cher au Sénégal qu’aux autres pays de la sous région, y compris le Mali, un pays dans l’instabilité politique mais dont le pétrole passe par ici. Comment le pétrole peut coûter plus cher au Sénégal qu’au Burkina qui n’est pas un pays côtier. Et pourtant, durant les 12 derniers mois, le prix du baril a chuté de 21 % dans le monde. Autant de questions qui devraient interpeller le gouvernement. Mais on voit que tel n’est pas son souci », dira-t-il.

“L’indemnisation des victimes est entretenue par l’appareil politique de Pastef sans une décision de justice. Ça sent le conflit d’intérêt, avec 5 milliards, un budget qui n’a pas été voté, et dont la distribution devra être gérée par une commission qu’on ne connaît pas”

Abordant dans la foulée l’affaire des fonds Force Covid-19, le député rappelle qu’aucune urgence ne devrait expliquer le recours à la mesure dérogatoire des règles du code des marchés publics,  durant cette période. Car, aux yeux de “TAS”, “c’était ouvrir la porte à toute forme de déviance.” Même s’il a appelé la justice a faire son travail dans le traitement des différentes affaires, Thierno Alassane Sall soutient par ailleurs que les magistrats doivent humaniser les dossiers. “Ils n’ont pas besoin d’humilier les mis en cause, ni de les exposer dans les médias”, ajoutera-t-il. Toutefois, il a tenu à alerter sur ce qu’il considère comme étant une situation similaire, si on y prête pas attention. “Quelle est la différence entre cette situation et celle liée à l’indemnisation des victimes des derniers événements politiques ? Elle est entretenue par l’appareil politique de Pastef sans une décision de justice. Ça sent le conflit d’intérêt, avec 5 milliards, un budget qui n’a pas été voté, et dont la distribution devra être gérée par une commission qu’on ne connaît pas. Au même moment, combien de mutilés de guerre n’ont pas eu ce droit. Sont-ils moins méritants que les jeunes de Pastef, qui n’avaient aucun contrat vis-à -vis de l’État ? C’est pourquoi, la Cour des comptes doit se saisir de cette affaire pour parer à toute dérive”, prévient l’honorable député. D’ailleurs, il dira être prêt à débattre avec le Gouvernement sur ces sujets, dans l’intérêt supérieur de la nation.

Amadou DIA

editor

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