Après avoir examiné l’acquisition de cinq avions tchèques pour un montant total de 40 milliards de francs CFA, les vérificateurs s’intéressent désormais à la gestion du Hajj 2024, un marché de transport des pèlerins estimé à plus de 15 milliards de francs CFA. L’IGE cherche à comprendre les raisons d’une « perte sèche » de 6 milliards de F CFA, déclarée par l’ancienne direction générale d’Air Sénégal, alors dirigée par Alioune Badara Fall.
Une note d’information interne, dont le journal a obtenu copie, précise : « Par mesures d’équité, nous vous informons que la compagnie Air Sénégal a subi une perte de six milliards dans le marché Pèlerinage Hajj 2024 ». Toutefois, cette « perte » auto-déclarée n’a pas convaincu la majorité du personnel cadre d’Air Sénégal – composé de pilotes, financiers, managers et logisticiens – qui demeure sceptique.
Pour rappel, rembobine la même source, la compagnie nationale était chargée du transport de 13 000 pèlerins sénégalais pour le Hajj 2024. Mais, confrontée à des difficultés logistiques, Air Sénégal a dû sous-traiter le transport de 50 % des pèlerins à la compagnie saoudienne Flynas. Problème, souligne Le Témoin : tandis que Flynas aurait tiré profit de ce marché juteux, Air Sénégal a officiellement déclaré cette lourde perte. Celle-ci est jugée « trop belle pour être vraie ».
Par ailleurs, l’audit de l’IGE intervient dans un contexte marqué par de graves dysfonctionnements financiers au sein d’Air Sénégal, évalués à plus de 200 milliards de F CFA en seulement huit ans d’existence. Ces défaillances, que Le Témoin qualifie de « corruption, gabegie, clientélisme et mauvaise gestion », ont poussé le président Bassirou Diomaye Faye à ordonner des audits rigoureux.

