Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’ordre mondial repose sur des institutions multilatérales censées garantir la stabilité, la coopération et la régulation pacifique des conflits.
Toutefois, nous vivons aujourd’hui une époque marquée par une intensification des tensions internationales, une succession de conflits armés, et un brouillage des repères stratégiques.
Si le conflit russo-ukrainien a ouvert une brèche dans l’ordre international, les hostilités entre l’Iran et Israël menacent d’embraser non seulement l’ensemble du Moyen-Orient, mais potentiellement la planète entière.
La multiplication des foyers de tension, la polarisation idéologique entre démocraties libérales et régimes autoritaires ainsi que la montée des discours bellicistes, nourrissent une inquiétude : celle d’une guerre généralisée.
Les puissances s’opposent indirectement à travers des guerres par procuration, des sanctions économiques, des cyberattaques, et la manipulation de l’information. L’Ukraine reste le théâtre d’un bras de fer entre l’OTAN et la Russie ; le Moyen-Orient voit s’affronter des logiques religieuses, politiques et stratégiques dans une escalade régionale à fort potentiel explosif.
Le risque d’un emballement stratégique devient ainsi réel car, nous vivons dans un monde où les lignes rouges sont de plus en plus floues, où les moyens de communication sont saturés de propagande, et où les décisions se prennent souvent dans l’urgence.
L’arme nucléaire, bien qu’encore dissuasive, pourrait devenir une menace active si un acteur se retrouve dos au mur.
Face à cette situation, deux questions demeurent: la communauté internationale est-elle encore capable de prévenir un embrasement global ? Ou, allons-nous vers un monde où la force prime sur le droit ?
En tout état de cause, l’avenir de l’humanité se jouera dans la capacité ou non des États à reconstruire des mécanismes de dialogue, de confiance, et de régulation afin d’éviter le point de non-retour.
De ce fait, il devient urgent et nécessaire de repenser le droit international car ses principes sont ouvertement bafoués, sans réelle conséquence : annexion de territoires, interventions militaires unilatérales, soutien à des groupes armés non étatiques, entre autres.
Les Etats devront aussi penser à réformer l’ONU, en supprimant le droit de veto, qui constitue, d’une part, un véritable obstacle à la résolution des conflits internationaux et d’autre part, crée un problème d’efficacité, d’équité, de légitimité et d’égalité.
Monsieur Ali FANE
Géopolitologue
bbcfane@gmail.com

