En réponse directe à Ousmane Sonko qui affirmait récemment que « l’opposition n’existe plus au Sénégal », Aïssatou Tall Sall est montée au front pour recadrer le Premier ministre. « Nous sommes bel et bien là, une opposition debout, ferme, déterminée — pas une opposition de pyromanes », a-t-elle martelé.
Selon l’ex-ministre et figure de Benno Bokk Yakaar, confondre opposition et vandalisme est une erreur grave. « Si pour lui s’opposer c’est brûler, insulter et détruire, alors qu’il sache que ce n’est pas notre école », a-t-elle tranché, défendant une posture politique respectueuse, mais vigilante face à la majorité actuelle.
Aissatou Tall Sall a rappelé que l’opposition qu’elle incarne n’a rien à envier à celle de Pastef sous Macky Sall. À ses yeux, cette opposition doit être celle de la construction, du dialogue et de la fermeté démocratique, loin du chaos politique. « Nous ne sommes pas là pour applaudir, mais pour dénoncer chaque dérive, chaque écart, et rappeler que le Sénégal ne commence pas en 2024 », a-t-elle lancé. À travers cette sortie musclée, Aïssatou Tall Sall fait savoir à Sonko que l’opposition existe bel et bien et qu’elle n’a pas l’intention de rester silencieuse. Aïssatou Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, a formulé une critique sévère et franche de la session parlementaire qui vient de s’achever. Elle a dénoncé une exclusion continue de l’opposition et une centralisation excessive du pouvoir entre les mains de la majorité, qu’elle accuse d’avoir pour but d’« anéantir » toute voix dissidente. Avec 17 députés à son actif, Takku Wallu se positionne comme une opposition constructive tout en s’engageant fermement pour l’intérêt général.
L’ancienne ministre et actuelle députée a dénoncé un problème majeur dans le travail parlementaire, critiquant une Assemblée nationale « tirée par l’exécutif ». Elle a étayé ses arguments avec une série de lois élaborées sous l’influence du gouvernement, sans véritable débat ni considération des suggestions provenant directement des députés. « Lorsqu’un député soumet un projet de loi, nous lui faisons obstacle. » « C’est inadmissible », a-t-elle insisté, citant en particulier le rejet de la proposition de loi de Thierno Alassane Sall.
Aïssatou Tall Sall a aussi critiqué le comportement du président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye, l’accusant de ne pas se conformer au règlement intérieur. Elle a mentionné plusieurs événements tumultueux où, d’après elle, le président aurait excédé ses prérogatives en participant directement aux discussions, transgressant ainsi l’article 69 du règlement. « Elle a déploré qu’il confonde son rôle de président de l’Assemblée avec sa fonction de membre du parti PASTEF. »
La représentante a souligné que la mission de l’opposition ne consiste pas à être un simple élément décoratif, mais à garantir une contrebalance rigoureuse. « Lorsqu’une majorité exprime quelque chose de bénéfique pour le pays, nous l’acceptons. Mais quand c’est mauvais, on lutte », a-t-elle déclaré. Elle appelle à une nouvelle session parlementaire où le « respect rigoureux du règlement intérieur » et la reconnaissance réelle de l’opposition durant les débats sont primordiaux.
Du point de vue institutionnel, elle a dénoncé avec vigueur les propos récents du Premier ministre Ousmane Sonko à l’encontre de la justice. Aïssatou Tall Sall, en sa qualité d’avocate, a exprimé son choc face à la sévérité et au caractère de ces attaques : « Le jour où la confiance dans la justice sera ébranlée, ce sera l’achèvement de la République. » Elle a plaidé pour un rétablissement de la tranquillité institutionnelle, d’un respect réciproque entre les pouvoirs, et pour la sauvegarde des fondements de la République.
Enfin, la présidente de groupe a lancé un appel solennel à l’ensemble des intervenants politiques afin de sauvegarder la réputation de l’Assemblée nationale. « C’est le point de contradiction, mais également d’élégance républicaine », a-t-elle terminé. Elle requiert des discussions respectueuses, une conduite neutre des séances et un traitement de l’opposition avec le respect que lui accorde la Constitution. Takku Wallu déclare être prête à continuer la lutte au sein du Parlement, mais réclame dorénavant d’être traitée avec respect.
Dakaractu

