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Le président ivoirien est officiellement candidat à sa propre succession. Une volonté de briguer un quatrième mandat qu’il justifie par le sens du « devoir », pour garantir la stabilité du pays. Mais qui nourrit la polémique au sein de l’opposition. Décryptage en vidéo. Dans un court discours délivré face caméra, les mains posées sur son bureau et le regard vissé dans celui des téléspectateurs, Alassane Ouattara a brisé le faux suspens qui prévalait depuis plusieurs mois. « J’ai décidé d’être candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025, a-t-il déclaré, ce mardi 29 juillet. Oui, je suis candidat parce que la Constitution de notre pays m’autorise à faire un autre mandat et ma santé le permet. Je suis candidat parce que notre pays fait face à des défis sécuritaires, économiques et monétaires sans précédent, dont la gestion exige de l’expérience. »

Pascal Affi N’Guessan conteste la candidature de Ouattara

Le président du Front populaire ivoirien Pascal Affi N’guessan réagit à l’annonce de la candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle d’octobre 2025 en Côte d’Ivoire.

Le président du Front populaire ivoirien Pascal Affi N’guessan réagit à l’annonce de la candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle d’octobre 2025 en Côte d’Ivoire. 

Interrogé par Africanews, l’opposant conteste la légalité de la décision du président sortant. 

 ‘’ Comment il peut justifier que la constitution l’autorise à briguer un quatrième mandat alors que la constitution est constante ? Qu’on ne peut pas faire plus de deux mandats et eux-mêmes, au moment de l’adoption de la Constitution, les cadres, les rédacteurs de la constitution eux-mêmes ont été formels que cette constitution ne permet pas à M. Ouattara de briguer un autre mandat. … Ensuite, en dehors même de la Constitution, M.Ouattara lui-même, à plusieurs reprises, a indiqué qu’il était prêt à passer le flambeau à une autre génération. En 2020, il a invoqué des circonstances exceptionnelles. Pour justifier sa candidature, voilà, comment peut-il expliquer aujourd’hui qu’il soit encore en train de chercher à briguer un quatrième mandat…’’ 

Lundi, dans la foulée de l’annonce de sa candidature, le chef de l’État a promis un scrutin apaisé le 25 octobre. Ce que conteste le président du Front populaire ivoirien en revanche. 

‘’Non, les conditions ne sont pas du tout réunies dans la mesure où il y a plusieurs candidats importants, appartenant à des partis politiques importants qui ont été exclus du processus et qui aujourd’hui se mobilisent pour obtenir leur intégration dans le jeu électoral. À partir du moment où toute l’opposition est mobilisée pour que la Commission électorale indépendante soient plus transparentes, plus équilibrées. Pour que le code électoral soit révisé, pour que la liste électorale soit propre et que toutes ces questions ne sont pas réunies, on ne peut pas parler de perspectives d’élections apaisées. ..’

Alassane Ouattara est au pouvoir depuis 2011. Pour Pascal Affi N’guessan, l’octogénaire tire la Cote d’Ivoire vers bas. 

‘’Il est devenu un problème, il a divisé les Ivoiriens, il emprisonne les gens à longueur de journée, il a détruit nos relations avec la sous-région, il est devenu véritablement un problème pour la Côte d’Ivoire. Et il faut que ce problème soit réglé pour que la Cote d’Ivoire puisse retrouver son unité, sa stabilité et puisse reconstruire ses relations avec les sous-régions ouest-africaines d’abord et puis se repositionner sur le plan international.’’ 

Le président du FPI affirme que la Cote d’Ivoire a soif d’alternance. Pascal Affi N’guessan se présente comme l’homme qu’il faut. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.  

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