La région de Ziguinchor est actuellement le théâtre d’un vaste scandale judiciaire lié à une fraude massive à l’état civil. Une enquête rigoureuse de la Direction nationale de la lutte contre la fraude (DNLT) a permis de mettre fin aux activités d’un réseau structuré qui produisait de faux documents officiels, allant des actes de naissance aux certificats de nationalité sénégalaise.
Un système de fraude bien huilé
L’organisation ne se contentait pas de petites falsifications. selon le journal l’observateur, elle injectait des centaines de données fictives dans les registres de plusieurs collectivités, notamment à Kaour, Niaguis, Enampore et Djoulouloulou. Le pivot de cette entreprise criminelle serait un démarcheur basé à Ziguinchor, Jean-Luc Mamadou Corréa. Lors des perquisitions à son domicile, les enquêteurs ont mis la main sur une quantité impressionnante de documents administratifs et de données numériques appartenant aux communes ciblées.
L’implication des institutions judiciaires
Le réseau affichait une audace particulière en contrefaisant des documents censés émaner de la justice. Selon toujours le journal, des casiers judiciaires et des certificats de nationalité portant les en-têtes officiels des tribunaux de Bignona, Oussouye et Ziguinchor ont été saisis. Cette sophistication visait à donner une apparence de légalité totale aux dossiers vendus à des étrangers ou à des individus cherchant à régulariser frauduleusement leur situation.
Des complicités sous les verrous
Le château de cartes s’est effondré suite à l’interpellation d’une citoyenne bissau-guinéenne au poste de Cantenne. Ses révélations ont exposé un circuit de corruption où des agents municipaux et des responsables de centres d’état civil sont soupçonnés d’avoir perçu des pots-de-vin. À ce jour, sept individus ont été déférés devant le procureur pour association de malfaiteurs et faux et usage de faux. L’enquête se poursuit pour purger les registres de ces milliers de fausses identités.
Mouhamed DIOUF

