Après son incarcération dans l’affaire de la caisse d’avance de la mairie de Dakar, Khalifa Sall affirme avoir tourné la page sans effacer les faits. L’ancien maire de la capitale sénégalaise distingue le pardon personnel de l’appréciation qu’il porte sur la procédure judiciaire.
Condamné en 2018 à cinq ans de prison ferme pour escroquerie sur les deniers publics et faux en écriture, il avait été libéré en 2019 après une grâce présidentielle. Cette affaire a interrompu sa trajectoire politique : privé de ses droits civiques, Khalifa Sall n’avait pas pu participer à la présidentielle de 2019. La déclaration sur son pardon à Macky Sall ne vaut donc pas oubli de cette période, ni réécriture des faits. L’amnistie votée en 2024 a rouvert son horizon politique, mais elle n’a pas restauré l’influence dont il disposait avant son incarcération. Khalifa Sall a perdu Dakar, qui constituait le principal ancrage de sa carrière, puis échoué à la présidentielle de 2024. Dans le même temps, Taxawu Sénégal a traversé des tensions internes : de Dakar à sa formation politique, sa base électorale et militante a clairement perdu de sa force.
Cette prise de parole, rapportée par Africtelegraph, intervient sous la présidence de Bassirou Diomaye Faye, dans un paysage politique sénégalais en recomposition. En distinguant le pardon accordé à Macky Sall de son jugement sur la procédure judiciaire, Khalifa Sall revient ainsi sur une affaire qui a non seulement marqué son parcours, mais aussi contribué à son déclassement politique.
Dette du Sénégal : Khalifa Sall dénonce un « suicide » des autorités
Les taux d’emprunt mobilisés par l’État du Sénégal peuvent dépasser 8 %, alors que ces ressources servent notamment à rembourser des dettes déjà contractées. Khalifa Sall juge que cette situation réduit les moyens consacrés à l’investissement.
L’ancien maire de Dakar estime que la gestion de la dette cachée au Sénégal constitue « un vrai désastre ». Invité sur le plateau de 7TV, il a dénoncé une stratégie consistant à s’endetter pour honorer des engagements antérieurs, au détriment des projets publics. Seneweb a rapporté ces propos. Il a résumé son appréciation par une formule très sévère : « Ce qu’ils font, c’est du suicide ». L’opposant a également évoqué la suspension du programme du Fonds monétaire international avec le Sénégal et la dégradation de la note du pays par des agences de notation. Il a reproché au régime de Pastef de n’avoir, selon lui, posé « pas une seule brique », les inaugurations récentes relevant plutôt de chantiers lancés sous Macky Sall.
Pour Khalifa Ababacar Sall, les autorités doivent renouer avec les partenaires et éviter les discours qui pourraient isoler le pays. Il estime que les ressources tirées du pétrole, du zircon, de l’or et de l’agriculture ne suffisent pas encore à rendre le Sénégal indépendant de ces partenaires.
En novembre 2025, le Pr Abou Kane avait estimé qu’une restructuration de la dette réduirait fortement la crédibilité du Sénégal auprès des investisseurs. Khalifa Ababacar Sall a, lui, appelé à revoir la manière dont l’État finance le remboursement de ses dettes.

