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Alors que les ménages et les entreprises sénégalaises subissent de plein fouet les effets d’une crise économique persistante, l’Etat fait face à une double urgence budgétaire inédite. Les retards inédits liés à l’examen de la Lfr contraignent les autorités à naviguer à vue pour ajuster l’exercice en cours, tandis que la Lfi, adoptée hier en Conseil des ministres, exige des arbitrages financiers d’une rigueur historique. Dans un climat politique délétère à l’Hémicycle, l’urgence de la réalité économique ne laisse pourtant plus de place aux blocages parlementaires.

Alors que la troisième session extraordinaire de l’Assemblée nationale tire à sa fin ce vendredi, le Sénégal se retrouve à la croisée des chemins budgétaire et politique. Pris en tenaille entre la mise en conformité de son budget actuel et la préparation de l’exercice à venir, le pays doit répondre à deux urgences financières prioritaires dans un climat institutionnel particulièrement sous tension entre le Pouvoir exécutif et le Pouvoir législatif. Déposé sur la table du Parlement, le projet de Loi de finances rectificative (Lfr) attend toujours la fixation de la date de son examen. Avec la clôture imminente de la session extraordinaire sans vote du texte, le dossier sera, selon toute vraisemblance, reporté à l’ouverture de la session ordinaire unique convoquée pour le mardi 13 octobre 2026 à 10 heures.
Ce retard calendaire réduit dangereusement les marges de manœuvre de l’Etat pour réajuster les allocations budgétaires de l’année en cours, alors même que les tensions politiques entre le gouvernement et la Représentation nationale ralentissent le rythme des arbitrages.

La Lfi 2027 déjà sur les rails de l’Exécutif
Pendant que la Lfr stagne à l’Assemblée à cause de son dépôt tardif par l’Exécutif, le gouvernement met le cap sur le calendrier de l’exercice à venir. En Conseil des ministres hier, le gouvernement a franchi une étape clé avec l’examen et l’adoption du projet de Loi de finances initiale (Lfr) pour l’année 2027, après la communication du ministre de l’Economie, des finances et du plan. L’ouverture de la session ordinaire, le 13 octobre, donnera le coup d’envoi officiel du marathon budgétaire par le biais du travail des commissions. Selon le schéma traditionnel de l’institution parlementaire, les travaux de la Commission des finances et du contrôle budgétaire devraient véritablement s’intensifier au début du mois de novembre. Le processus obéira au rituel républicain : défilé des membres du gouvernement devant la commission élargie, discussion et ajustement, chapitre par chapitre, des crédits attribués à chaque département ministériel. Avant le vote final des textes en Hémicycle avant la fin de l’année, lors des plénières. Toutefois, ce télescopage inédit entre l’adoption tardive de la Lfr 2026 et l’examen de la Lfi 2027 risque de saturer l’agenda parlementaire. Dans une Assemblée nationale devenue le théâtre d’une crise exacerbée entre le président de la République, son gouvernement et les députés, les débats budgétaires à venir s’annoncent d’ores et déjà comme un affrontement politique majeur.

Par Bocar SAKHO

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