Ce jeudi, le Tribunal arbitral du sport, réuni à Lausanne (Suisse), va audiencer le dossier concernant la finale de la Can de janvier dernier, entre le Maroc et le Sénégal. Un moment très attendu par les deux parties.
Un match encore loin d’être terminé. Ce jeudi matin, le Tribunal arbitral du sport se réunit à Lausanne (Suisse) dans le cadre du dossier de la finale de la Can, opposant la Fédération sénégalaise de Football à la Fédération royale marocaine et à la Caf. En mars 2026, trois mois après la finale de la Can à Rabat au Maroc, le Jury d’appel de la Caf avait décidé de retirer le titre au Sénégal, et de déclarer le pays forfait pour cette finale, en vertu des articles 82 et 84 du Règlement de la Coupe d’Afrique des nations. Le «résultat étant homologué sur le score de 3-0 en faveur de la Fédération royale marocaine de football (Frmf)», faisait savoir la Confédération africaine de football.
Les faits du 18 janvier
Pour rappel, le 18 janvier dernier, la finale de la compétition continentale avait connu une issue chaotique. Plusieurs joueurs sénégalais avaient quitté temporairement la pelouse lors de la finale disputée au Stade de Rabat, en protestation contre une décision de l’arbitre qui, peu après un but refusé au Sénégal, avait accordé un penalty au Maroc dans le temps additionnel de la seconde période.
Au bout de 15 longues minutes de confusion précédant finalement un retour sur le terrain des joueurs sénégalais et dans un chaos qui avait alors gagné les tribunes avec des supporters sénégalais lançant des projectiles et tentant d’envahir le terrain, l’ailier marocain Brahim Diaz avait manqué le penalty de la discorde. Avant que Pape Guèye n’offre le trophée aux siens en marquant durant la prolongation.
Qui va arbitrer ce conflit ?
C’est un dossier hautement important pour le monde du football, et la décision rendue par le Tribunal arbitral du sport sera analysée et fortement commentée par toutes les parties. Pour ausculter ce dossier, le Tas a fait appel à trois arbitres. Le président de l’audience sera français, c’est le professeur Gérald Simon qui mènera les débats. Il sera assisté à cette occasion par les professeurs Luigi Fumagalli et Ulrich Haas. Les parties ont convenu que la procédure va se dérouler en français.
La décision sera-t-elle connue le jour même ?
L’audience qui débutera le matin, va durer plusieurs heures. Tout dépendra de l’avancée des débats dans ce dossier disputé.
Le Tribunal arbitral du sport a déjà fait savoir que la décision dans ce dossier opposant le Sénégal au Maroc et à la Caf ne sera pas connue le jour même, il faudra attendre plusieurs jours (ou plusieurs semaines) avant de connaître la décision du Tribunal. Aucune publication des débats ne se produira, l’audience se tiendra à huis clos avec
interdiction formelle pour les parties de fournir des détails sur le contenu de l’audience. L’unique prise de parole sera effectuée par le Directeur général du Tas, qui devrait faire une brève déclaration pour confirmer que l’audience a commencé. Cependant, l’espoir d’une décision rapide est espéré par les différentes parties.
Quelles sont les décisions possibles ?
Le Tas peut donner raison au Jury d’appel de la Caf et donc confirmer la victoire marocaine lors de la Can 2025, ou alors infirmer cette décision de mars dernier : soit en donnant finalement la victoire au Sénégal, en renvoyant le dossier devant l’instance précédente ou alors en rendant une décision appropriée avec les faits qui se sont déroulés. Le Tas a un pouvoir de réexamen total.
Peut-on faire appel de la décision ?
Derrière, si l’une des parties n’est pas en accord avec la décision rendue, elle peut faire un recours devant le Tribunal fédéral suisse, la plus haute instance judiciaire de Suisse. Le Tribunal fédéral suisse peut annuler les décisions du Tas sur plusieurs thèmes bien précis (l’arbitre unique a été nommé de manière irrégulière ou la formation arbitrale a été constituée de manière irrégulière ; la formation arbitrale a accepté ou refusé à tort sa compétence ; la formation arbitrale a statué au-delà des demandes qui lui avaient été soumises ou n’a pas statué sur l’une des demandes ; le principe de l’égalité de traitement des parties ou leur droit d’être entendues dans le cadre d’une procédure contradictoire ont été violés ; la sentence est incompatible avec l’ordre public).
Un point est-il central dans ce dossier ?
Oui. Plusieurs interlocuteurs, et bons connaisseurs du Tribunal arbitral du sport, dans ce dossier concernant la finale de la Can, mettent en avant un point central : la décision de l’arbitre de la rencontre en janvier dernier. L’officiel congolais de la finale 2025 avait laissé la rencontre reprendre avant de siffler la fin de ce match entre le Maroc et le Sénégal. En clair, le résultat du match, malgré les événements survenus autour de la finale, a été entériné par cet arbitre. Les débats devraient longuement tourner autour de ce moment essentiel sur la bonne tenue de la rencontre.
wdiallo@lequotidien.sn
(Avec Rmc)

