La diversité et le nombre de créanciers internationaux font qu’il semble aujourd’hui, même avec l’appui du Fmi, de trouver une méthode de traitement de la dette sénégalaise qui satisfasse tout le monde. Or, sans accord entre partenaires, le Fmi ne bougera pas, et le financement attendu de son côté ne sortira pas de ses caisses. Avec toutes les conséquences.
Le Quotidien avait annoncé il y a deux jours, que les jours à venir étaient décisifs, dans le traitement de la dette du Sénégal. La Rédaction, en publiant le papier, ne croyait pas si bien dire. Il s’avère que la mise en place d’un Comité officiel des créanciers (Coc) du pays, n’a pas totalement mis fin aux spéculations et aux doutes de la part de tous les partenaires. Une forte méfiance se dégage de la part de tous les créanciers, chacun semblant craindre d’être le dindon d’une farce préparée en son absence et à son insu.
On se rappelle qu’un des créanciers mineurs, comme l’Agence française de développement (Afd), s’était senti obligé de solliciter une intervention de la présidence française afin de s’assurer que les 20 milliards qui lui étaient dus ne seraient pas noyés dans l’océan des revendications plus importantes. Les Turcs également, auraient exprimé en privé des préoccupations similaires. De plus, des médias anglophones font état de l’inquiétude que suscite la Chine, dont la banque Eximbak est le principal créancier de la dette du Sénégal, qui lui appartient à 8%, ne cherche à jouer en solo. Cela risquerait de semer un gros trouble dans tout le jeu.
Les observateurs de tout le jeu d’acteur qui se déroule sous nos yeux cherchent à réduire l’optimisme des autorités quant au déblocage rapide du financement des 2,2 milliards de Cfa du Fonds monétaire international. Or, ce financement, qui est d’abord soumis à l’approbation de l’accord par le Conseil d’administration du Fonds, conditionne également la reprise des partenariats avec la majorité des organismes et partenaires bilatéraux que les déclarations sur les dettes cachées du pays avaient interrompus.
Il faut souligner que jusqu’à présent, les négociations n’ont pas déterminé l’option mise en avant pas les parties prenantes, dans le traitement de la dette. S’il ne semble plus être question d’un réajustement, on ne sait pas encore ce que contient le terme de reprofilage que le Sénégal semble privilégier. Or, l’objectif est de parvenir à traiter tous les partenaires sur le même pied d’égalité, afin d’éviter des dérapages. Pour beaucoup d’observateurs cependant, le nombre et la diversité des créanciers font qu’il apparait comme une gageure d’harmoniser les positions. Ce qui risque de retarder d’autant une base de travail.
Par Mohamed GUEYE

