La question de l’eau potable reste au cœur des préoccupations des habitants de Ziguinchor. Réunis dans le cadre d’une rencontre d’échanges avec la Sen’Eau, délégués de quartier et consommateurs ont exprimé leurs inquiétudes liées à la qualité du service, aux difficultés d’accès aux abonnements et au coût de la consommation. Face à ces préoccupations, l’entreprise promet d’importants investissements pour renforcer durablement l’approvisionnement de la ville.
À Ziguinchor, l’accès à une eau potable de qualité demeure un enjeu majeur pour de nombreux ménages. Consciente des attentes des populations, la Sen’Eau a initié une série de rencontres de proximité visant à recueillir les préoccupations des usagers et à renforcer le dialogue avec les communautés.
Selon Oumar Sarr, directeur territorial Sud-est de la Sen’Eau couvrant les régions de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou, cette démarche s’inscrit dans la nouvelle orientation stratégique de l’entreprise pour la période 2026-2028. L’un des piliers de cette politique repose sur l’ancrage territorial, une approche qui privilégie le contact direct avec les consommateurs afin de mieux comprendre leurs besoins et d’améliorer la qualité des prestations offertes.
« Nous voulons aller vers les populations, écouter leurs plaintes, leurs réclamations et leurs attentes pour mieux répondre à leurs préoccupations. Notre ambition est de devenir, à l’horizon 2029, l’entreprise de service public la plus appréciée des Sénégalais », a déclaré le responsable.
Parmi les difficultés évoquées lors des échanges figurent les problèmes récurrents de pression dans certains quartiers situés en altitude. Les zones de Diabir, Kenya et Kassor Extension continuent de connaître des perturbations qui compliquent l’accès régulier à l’eau potable.
Pour corriger ces insuffisances, la Sen’Eau indique avoir lancé un vaste programme de renforcement et de régulation du réseau. Le volet régulation étant déjà achevé, les travaux d’extension et de renforcement se poursuivent avec l’objectif de mettre définitivement fin aux baisses de pression d’ici à la fin de l’année 2026.
L’entreprise mise également sur des projets structurants destinés à accroître considérablement la capacité de production d’eau dans la région. La SONES a ainsi engagé un programme comprenant la réalisation de nouveaux forages capables de produire 200 mètres cubes d’eau par heure ainsi que la réhabilitation de l’ancienne usine de Néma, qui apportera une capacité supplémentaire estimée à 150 mètres cubes par heure.
À plus long terme, un ambitieux projet de transfert d’eau depuis Yatakunda est envisagé à l’horizon 2035. Cette infrastructure devrait permettre de sécuriser l’alimentation de Ziguinchor tout en desservant les villages situés le long du tracé de la conduite.
Mais si les perspectives d’investissement suscitent de l’espoir, les préoccupations immédiates des populations restent nombreuses. Les participants ont notamment soulevé la question de la qualité de l’eau distribuée dans certains quartiers.
Plusieurs habitants rapportent encore l’apparition occasionnelle d’une eau rougeâtre ou présentant une forte odeur de chlore. Selon la Sen’Eau, ces désagréments sont aujourd’hui limités et surviennent généralement à la suite de réparations de fuites ou d’opérations de maintenance sur les réseaux et les ouvrages de stockage.
Oumar Sarr assure que les difficultés liées à la forte présence de fer dans l’eau, qui avaient marqué le premier trimestre de l’année 2025, ont été largement résolues grâce aux améliorations apportées aux installations de traitement.
L’autre sujet de préoccupation concerne la multiplication des puits et forages privés dans plusieurs quartiers de la ville. Face à ce phénomène, la Sen’Eau appelle à la vigilance. Le directeur territorial rappelle qu’aucun forage ne peut être réalisé sans autorisation des services compétents et met en garde contre les risques sanitaires liés à la consommation d’une eau non contrôlée.
« Une eau ne peut être déclarée potable sans analyses préalables. La nappe de Ziguinchor nécessite un traitement spécifique avant sa consommation », a-t-il insisté, soulignant l’importance des procédés de filtration, de déferrisation et de désinfection mis en œuvre avant la distribution aux populations.
Du côté des habitants, les attentes ne se limitent pas à la qualité de l’eau. Délégué du quartier Kandé Alassane, Mamadou Cissé a mis en avant les difficultés rencontrées par de nombreuses familles pour accéder aux abonnements, notamment en raison des documents administratifs exigés.
Il s’est toutefois félicité des dispositions de procuration mises en place pour faciliter les démarches des ménages ne disposant pas de toutes les pièces requises.
La question de la facturation a également occupé une place importante dans les discussions. Selon le représentant des populations, plusieurs ménages, notamment ceux dirigés par des retraités, peinent à faire face à des factures qu’ils jugent parfois excessives.
Estimant que la vie quotidienne devient de plus en plus difficile, il a plaidé pour davantage de facilités de paiement et un renforcement des branchements sociaux afin de permettre aux familles vulnérables d’accéder plus facilement au réseau d’eau potable.
Au terme de cette rencontre, un constat s’impose : malgré les investissements annoncés et les améliorations enregistrées, les populations attendent encore des réponses concrètes à leurs préoccupations quotidiennes. Entre accès équitable à l’eau, amélioration de la qualité du service et maîtrise des coûts de consommation, la Sen’Eau est désormais appelée à transformer ses engagements en résultats tangibles pour les habitants de Ziguinchor.
Auteur: Max Euclide KANFANY

