Le déficit budgétaire global du Sénégal est fixé à 1351,7 milliards FCFA pour 2027 dans le projet de loi de finances initiale. Il représente 4,7 % du PIB nominal, estimé à 28772 milliards FCFA. C’est un recul marqué par rapport aux 7,6 % de la loi de finances ajustée 2026, soit 1735,2 milliards, un niveau déjà très au-dessus des 5,4 % prévus dans la loi de finances initiale 2026. Il ressort de l’écart entre 6012,1 milliards de recettes budgétaires et 7363,7 milliards de dépenses.
Cette amélioration est « essentiellement » due à la baisse des dépenses du budget général et non à une hausse des recettes. Les recettes intérieures hors hydrocarbures ne progressent que de 0,2 %, alors que la tendance historique dépasse 8 %. Le solde budgétaire de base, qui exclut les dons et les investissements financés sur ressources extérieures, s’établit à 498 milliards FCFA de déficit, contre 806,5 milliards dans le budget ajusté 2026. Le déficit primaire, hors intérêts de la dette, tombe de 450 milliards en 2026 à 47,7 milliards en 2027, soit 0,2 % du PIB. Hors hydrocarbures, il passe de 2,8 % à 1,5 % du PIB. Les intérêts de la dette, à 1 303,9 milliards, absorbent à eux seuls la quasi-totalité du déficit global.
Selon le PLFI 2027, ce déficit sera couvert par un solde financier de même montant. En y ajoutant 480 milliards d’apurement d’arriérés intérieurs, la variation nette de l’encours de la dette ressort à 2 056,7 milliards FCFA. Le recours total à l’emprunt atteint 6608,7 milliards, dont 4552 milliards destinés à l’amortissement de la dette ancienne, soit 68,9 % du besoin de financement. Le ministre des Finances est autorisé à mobiliser jusqu’à 6 810 milliards. Le financement repose sur 4733,7 milliards d’emprunts sur les marchés et emprunts programmes, 900 milliards d’emprunts projets, 800 milliards de tirages programmes et 175 milliards d’emprunts rétrocédés. Le gouvernement mise aussi sur plus de 800 milliards d’appuis budgétaires concessionnels, sans compter les financements encore en négociation.
Un déficit qui reste supérieur à la moyenne de l’UEMOA, que l’exposé des motifs projette à 2,9 % du PIB en 2027. Le gouvernement se donne ainsi le PIB de 2,4 % de croissance et le programme avec le FMI pour tenir cette trajectoire.

