À deux semaines de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse, prévue le 31 octobre à 17 heures à Diamniadio, Mamadou Diagna Ndiaye, président du comité d’organisation, a détaillé dans un entretien avec Le Soleil à paraître ce vendredi 16 octobre 2026 dans l’édition print, l’état des préparatifs, le financement et les ambitions de ces premiers Joj organisés en Afrique.
Dans quinze jours, sera donné le coup d’envoi des Joj Dakar 2026. L’heure n’est plus donc aux grands chantiers, mais aux finitions. C’est le message central livré par le président du Comité d’organisation des Jeux Olympiques de la Jeunesse (Cojoj), Mamadou Diagna Ndiaye, dans une interview exclusive à lire dans la version papier du Soleil de ce vendredi 16 octobre 2026. Évaluant l’état d’avancement général à 92 %, il insiste sur une « confiance active » pour régler le « dernier kilomètre » : la synchronisation des transports, l’accréditation des volontaires, la logistique et l’approvisionnement en eau sur tous les sites. « Le 31 octobre à 17 heures, à Diamniadio, le Sénégal accueillera le monde. Nous ne promettons pas des Jeux parfaits, mais des Jeux authentiques, à la hauteur de la Téranga sénégalaise », a laissé entendre le président du Cnoss.
Interrogé sur la remise récente de plusieurs infrastructures clés par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, Mamadou Diagna Ndiaye y voit un acte fort de souveraineté nationale. Le Village des Jeux à Diamniadio, le stade Iba-Mar-Diop rénové ou encore la piscine olympique intègrent désormais le patrimoine pérenne du pays.
Pour éviter le piège des « éléphants blancs », le Cojoj, selon lui, s’est aligné sur les exigences de sobriété et de durabilité du Comité international olympique (Cio). C’est-à-dire sobriété et réhabilitation (à Diamniadio, le Cojoj a privilégié la rénovation à la construction neuve) ; reconversion garantie (le Village des Jeux deviendra un campus universitaire dès la fin de la compétition) et modèle économique (l’entretien des sites est confié à l’Agence de gestion du patrimoine bâti, avec des crédits d’ores et déjà provisionnés dans la loi de finances).
Un budget présenté comme sécurisé et public
Mamadou Diagna Ndiaye affirme que le budget est sécurisé à 100 % et public. Il dément les chiffres de 80 milliards de Fcfa avancés par certains. Il précise que le budget opérationnel du Cojoj s’élève à 32 milliards de Fcfa, financés à 60 % par le Cio et ses partenaires. Le reste correspond aux investissements de l’État (routes, eau, stades), qui resteront au pays.
Bien que les compétitions soient concentrées entre Dakar, Diamniadio et Saly, l’événement se veut national. Le Cojoj a déployé un vaste dispositif d’animation territoriale impliquant 45 collectivités, 300 associations Navétanes et 12 000 écoles, appuyé par une billetterie accessible à 1 000 FCFA pour les clubs et scolaires. La tournée de la flamme olympique à travers les capitales régionales – portée par des figures du sport sénégalais comme Brancou Badio, Oumy Diop, Louis François Mendy, Fary Seye ou Ousseynou Diop – a confirmé l’engouement populaire.
L’Afrique au cœur du mouvement olympique
Pendant 130 ans, l’Afrique est restée spectatrice des Jeux. Pour Mamadou Diagna Ndiaye, la responsabilité confiée au Sénégal dépasse largement ses frontières : il s’agit d’organiser l’événement au nom des 54 pays du continent. Le succès de Dakar 2026 doit ouvrir la voie à de futures candidatures africaines pour les Jeux Olympiques de 2036 ou 2040, estime-t-il.
Sur le plan sportif et humain, la dimension continentale s’incarne directement. Sur le terrain, plus de 800 athlètes africains prendront part aux épreuves. Dans l’organisation, 400 jeunes professionnels issus de 30 pays africains sont intégrés au sein de la Learning Academy, véritable cœur de transmission des compétences d’organisation événementielle.
Pour le président du Cojoj, au-delà des médailles, l’objectif affiché est de susciter des vocations et de multiplier par trois l’accès des jeunes sénégalais à des infrastructures sportives modernes. Pour mesurer l’impact réel à long terme, un Observatoire de l’Héritage a été mis en place en collaboration avec l’Ansd et l’Ucad, afin d’évaluer chaque année le taux d’utilisation des sites, le nombre de licenciés et la formation des jeunes.
Revenant sur le report des Jeux en 2020 dû à la pandémie de Covid-19 – un moment perçu initialement comme un coup dur -, Mamadou Diagna Ndiaye conclut qu’il s’est transformé en opportunité pour parfaire l’organisation. Son invitation finale s’adresse directement au public : « Venez le 31 octobre. Ne regardez pas Dakar 2026 à la télévision : vivez ces Jeux ! »
Par Elhadj Ibrahima THIAM et Samba Oumar FALL

