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Le ministre Abdourahmane Diouf a posé un diagnostic sans concession sur la trajectoire politique de l’exécutif, appelant à un tournant pragmatique et à une rupture nette avec les discours d’affrontement.
 
Au cœur de sa déclaration, le ministre a acté la volonté du gouvernement de tourner la page d’une séquence politique marquée par l’exacerbation éversive. Abdourahmane Diouf a souligné que les deux premières années du mandat ont été traversées par une « dimension émotive exceptionnelle » qu’il convient désormais de fermer définitivement pour se consacrer exclusivement au travail concrètement orienté vers les Sénégalais.
 
Revenant sur les orientations doctrinales, le ministre a dressé une critique directe de la dérive populiste du discours souverainiste.« On a décidé de sortir d’un souverainisme qui à la base est une excellente idéologie que nous partageons, mais qui est une idéologie populiste. Cette parole qui blesse a sévi au niveau national et international, au point que nos partenaires n’avaient plus confiance en nous et que notre stabilité n’était plus un atout », a –t-il déclaré, ce dimanche dans l’émission « En Vérité ».
 
Face à cette détérioration du climat des affaires et de la diplomatie, Abdourahmane Diouf a affirmé que l’action gouvernementale est désormais absorbée par un travail de « réparation » destiné à restaurer la crédibilité du Sénégal pour pouvoir enclencher de nouveaux chantiers de développement. Sur le plan politique interne, le ministre a réaffirmé son ancrage aux côtés du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, rappelant la vocation du parti créé pour accompagner le cap présidentiel. Il s’est montré critique envers les revirements d’acteurs politiques de l’opposition ou d’anciens alliés, pointant du doigt les incohérences de ceux qui modifient leurs déclarations au gré des circonstances (« hier il disait avoir désigné quelqu’un, aujourd’hui il dit le contraire »), tout en indiquant qu’il appartient aux Sénégalais d’en tirer les leçons.
 
Abdourahmane Diouf a vivement mis en cause l’attitude de la représentation parlementaire actuelle, qualifiant son action de « sabotage » systématique de l’action gouvernementale. Selon le ministre, la majorité à l’Assemblée nationale cherche délibérément à empêcher le président de la République et le gouvernement d’afficher un bilan positif.
 
Pour surmonter ce blocage institutionnel, il a réaffirmé la nécessité de se mobiliser aux côtés du gouvernement afin de conquérir une nouvelle Assemblée nationale capable de soutenir la mise en œuvre des politiques publiques et d’accompagner l’action du chef de l’État.

Cécile Sabina Bassene

editor

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