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En deux ans d’exercice du pouvoir, le Président Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko ont posé de jalons significatifs dans les secteurs de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Objectif : transformer d’ici à 2035 l’école en un lieu de transmission de valeurs, passant d’un système éducatif à une véritable société éducative. Des réformes sont également engagées pour une refondation en profondeur du système d’enseignement supérieur.

Le Sénégal a franchi une étape majeure dans la réforme de son système éducatif avec la validation institutionnelle de la Nouvelle initiative pour la transformation humaniste de l’éducation (Nithe). Cette approche novatrice a été officiellement lancée par les autorités étatiques le 14 janvier 2025, à Diamniadio, par le ministre de l’Éducation nationale, Moustapha Guirassy. Elle vise à former d’ici 2035 des citoyens profondément ancrés dans nos valeurs.
Comme le souligne M. Guirassy, il s’agit d’engager une véritable réforme des curricula afin de faire de l’école sénégalaise un lieu de transmission de valeurs, passant d’un système éducatif à une véritable société éducative. « Ce qui vient d’être validé doit être immédiatement intégré dans les écoles », a-t-il déclaré au lancement de la réforme des curricula, le 8 février 2026, insistant sur l’importance d’une communication efficace pour l’appropriation de l’initiative par les communautés. Nithe, avait-il indiqué, s’inscrit dans un projet d’une société éducative inclusive et efficiente, où les valeurs endogènes et spirituelles jouent un rôle central.
Un groupe d’experts est déjà à pied d’œuvre pour faire de la réforme curriculaire une réalité dans les salles de classe. Pour donner toute sa consistance à ces projets, le ministère de l’Éducation national a annoncé, le 25 février 2026, l’officialisation de la suppression du Concours d’entrée en classe de 6e, une décision qui sera effective dès la session de 2026.
Une directive signée par le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, Papa Malick Ndao, est adressée dès le lendemain aux Inspecteurs d’académie (IA) et Inspecteurs de l’éducation et de la formation (IEF) pour prendre acte de cette décision arrêtée en Conseil des ministres.
Toujours concernant le secteur de l’éducation nationale, le nouveau régime peut mettre à son actif les Assises nationales des « daara écoles coraniques) », lancées en octobre 2025 par le Chef de l’État. Il s’agit là d’une initiative majeure visant à moderniser et intégrer l’enseignement coranique dans le système éducatif formel.
Pour y parvenir, les autorités ont adopté une démarche participative et inclusive à travers des rencontres à la base, impliquant acteurs religieux et autorités étatiques. Un programme de formation professionnelle a été également initié en 2025 par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle et technique pour faciliter l’employabilité des apprenants communément appelés « Talibés en oulof) ».

Vers une refondation de l’enseignement supérieur

Concernant le secteur de l’enseignement supérieur, le lancement officiel de l’Agenda national de transformation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (Antesri), le 17 juillet 2025, par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, reste un des actes phares à retenir durant ces deux années de la gouvernance étatique.

Un comité chargé de réfléchir et de formuler des recommandations allant dans le sens d’une refondation profonde de notre système d’enseignement supérieur a été installé à l’occasion. Il est présidé par le Pr Boubacar Diop dit Buuba.

Ce processus de transformation de l’enseignement supérieur marque le début d’une refondation en profondeur du secteur au Sénégal. Il vise à bâtir une université plus souveraine, plus équitable, plus innovante et mieux ancrée dans les réalités culturelles, sociales et économiques du pays. Le Chef de l’État a réaffirmé la volonté du gouvernement de rompre avec les modèles hérités du passé pour promouvoir un enseignement supérieur aligné sur les priorités nationales de développement.

Réunis pendant 8 mois de travaux autour de 8 commissions thématiques, les acteurs de l’enseignement supérieur, sous le contrôle du Pr Diop, ont pu formuler dans un pré-rapport des propositions concrètes pour construire une université plus performante et inclusive. Celui-ci contient au total 80 recommandations.

Le document a été soumis au ministre de l’Enseignement supérieur en février 2026. À terme, il s’agit d’impulser une transformation en profondeur du système national d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation. L’objectif affiché est clair : renforcer l’efficacité, la gouvernance et l’adéquation du système avec les besoins du développement national.
Le rapport final sera remis au chef de l’État, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle phase : celle de la mise en œuvre des recommandations et de la concrétisation de la réforme.
Les autorités ont également engagé une refondation ambitieuse concernant la gestion des bourses d’étudiants.

Entre velléités de cadrage et colère des étudiants

Tandis que les autorités défendent une réforme visant à mettre fin aux retards de paiement, les collectifs des étudiants du Sénégal dans les différentes universités publiques du pays ont dit leur niet, accusant la direction des bourses de supprimer des mois d’arriérés et d’imposer un dispositif qu’ils jugent injuste.

Une situation qui a conduit à des violences dans les campus, avec comme point d’orgue celui de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), où les affrontements avec les forces de l’ordre ont été marqués par la mort d’Abdoulaye Ba, étudiant en 2e année de médecine, le 9 février 2026, lors de heurts.
Si le parquet évoque une chute mortelle, les étudiants accusent la police de torture, déclenchant des manifestations, l’ouverture d’une enquête judiciaire et la fermeture temporaire du campus social de l’Ucad.

La réforme des bourses, selon les autorités, vise à réorganiser le système pour le rendre plus soutenable financièrement et mieux adapté, tout en garantissant 12 mois de paiement basés sur le calendrier académique réel. Elle supprime dans la foulée les rappels, la direction des Bourses ayant décidé de mettre fin au système de rappel rétroactif pour les inscriptions tardives.
Désormais, selon les indications du directeur des bourses, Jean Amédé Diatta, le versement des allocations sera progressif et strictement aligné sur la période réelle d’études. Cette mesure vise, selon les autorités, à aligner le calendrier des paiements à celui de l’organisation effective des enseignements.

Par Seydou Prosper SADIO

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