On tente aujourd’hui de demander au gouvernement ce qu’aucun autre gouvernement au monde, même dans les pays les plus riches, ne parvient à réaliser. À peine installé, certains voudraient déjà que le régime de Bassirou Diomaye Faye ait accompli toutes ses promesses et réglé tous les problèmes du pays.
C’est la première fois que je vois un gouvernement être jugé de manière aussi dure et expéditive sur seulement 16 mois d’existence. Les critiques contre le gouvetnement sont non seulement prématurées, mais aussi sévères, voire injustes et parfois même méchantes.
Et pourtant, il suffit de regarder dans notre propre histoire récente pour comprendre l’ampleur du défi. Le Parti socialiste a dirigé ce pays pendant quarante ans. Le PDS a eu douze ans de gouvernance. L’APR, à son tour, a tenu le pouvoir pendant douze ans. Cela fait plus de soixante-quatre années cumulées de gestion, avec des moyens, du temps et une stabilité relative. Malgré cela, beaucoup de promesses sont restées sans suite, beaucoup de chantiers sont demeurés inachevés, et de nombreuses réformes attendues n’ont jamais vu le jour.
Alors, comment peut-on raisonnablement exiger d’un gouvernement qui n’a que 16 mois d’existence ce que d’autres n’ont pas pu accomplir en plusieurs décennies ? Juger un gouvernement à peine installé comme s’il avait déjà achevé son mandat relève non pas d’une analyse objective, mais plutôt d’une volonté de dénigrer.

