Logo2samedia Corp

La chambre criminelle du tribunal de grande instance de Dakar a évoqué ce mardi une affaire sordide impliquant Khadim Ndong, enseignant coranique de 26 ans. Ce dernier est accusé d’agression sexuelle sur une enfant de six ans au sein d’une école religieuse. L’atmosphère est tendue dans la salle d’audience alors que les témoignages contradictoires s’enchaînent. Tout commence lorsque la mère de la petite fille pensionnaire depuis 2019, remarque que sa fille marche bizarrement lors d’une visite début janvier. Après insistance, la petite aurait fini par passer aux aveux.

Elle confia à sa maman que le maître le touchait là où il ne fallait pas. «Il mettait ses mains dans mes parties intimes. Il me l’a fait à plusieurs reprises», raconte-t-elle. Selon ses dires, Khadim Ndong l’aurait retenue à trois reprises après les cours sous prétexte de leçons supplémentaires avant de commettre les faits. «Il attendait qu’on soit seuls au moment de la récréation. C’est là où il s’assoit qu’il me faisait ces attouchements. Je ne l’ai jamais dit à personne car il a menacé de frapper», déclare-t-elle lors de son audition. Un examen médical vient étayer ses dires, révélant des traces de violences au niveau génital. «Les lésions correspondent aux descriptions de l’enfant», souligne l’accusation.

Néanmoins, l’accusé, un enseignant sans historique judiciaire, originaire de Kaolack, clame son innocence avec véhémence. Devant la chambre criminelle ce mardi 3 juin, il déclare : «Jamais je n’ai été seul avec cette élève. Les caméras le prouveront. Je n’enseignais qu’aux filles. Dans ma classe il n’y avait pas 20 élèves. Les cours commençaient à 9 jusqu’à midi on prenait la pause l’après midi de 3h à 18h. Après les cours je demandais à tous les élèves de sortir. Je fermais la porte avant de rejoindre mes appartements qui se trouvent au troisième étage. Il y avait une caméra de surveillance dans la classe. Il y a une grande sécurité dans cet établissement. Je ne leur ai jamais prêté mon téléphone».

Cependant, la direction affirme avoir passé au crible les enregistrements sans y déceler le moindre comportement suspect. Le directeur de l’école, El Hadji Maleye Tall, appuie cette version : «après avoir revisité toutes les images, nous n’avons vu aucune scène où l’accusé était seul avec une élève». Une employée de l’internat, Maty Thiombane, ajoute n’avoir rien remarqué d’anormal. Le père de la victime, Mamadou Lamine Marone, conteste cependant l’efficacité du système de surveillance : «il n’y avait qu’une seule caméra, et elle ne couvrait que le hall d’entrée». Une affirmation rejetée par la direction, qui assure que «les caméras balayaient tout l’établissement».

Malgré les contradictions, le ministère public estime que les déclarations «constantes et circonstanciées» de la fillette, ainsi que les constatations médicales, suffisent à établir des «gestes à connotation sexuelle». La défense, elle, plaide l’acquittement, arguant de l’absence de preuves matérielles. Alors que la défense dénonce une accusation sans fondement concret, le parquet met en avant la cohérence des déclarations de la fillette et les conclusions médicales. «Les gestes décrits ont une indéniable connotation sexuelle», martèle l’accusation.  Délibéré le 1er juillet.

Aissatou TALL 

editor

    Related Articles