Au Congo-Brazzaville, le président sortant Denis Sassou-Nguesso a été proclamé, mardi 17 mars 2026 en fin de journée, vainqueur du scrutin présidentiel organisé dimanche 15 mars avec 94,82% des voix, selon les chiffres officiels. Le taux de participation est de 84,65%. L’annonce a été faite par le ministre de l’Intérieur Raymond Mboulou. Denis Sassou-Nguesso va entamer un cinquième mandat de président du Congo-B.
Denis Sassou-Nguesso rempile pour un cinquième mandat consécutif à la tête du Congo-Brazzaville. Âgé de 82 ans, le chef d’État a été déclaré vainqueur de la présidentielle, mardi 17 mars 2026, deux jours après le scrutin. « Est élu, Sassou-Nguesso Denis, 2.507.038 voix, soit 94,82% des suffrages exprimés », a déclaré à la télévision nationale le ministre de l’Intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou.
Ces résultats provisoires doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle du pays. Avec cette réélection, Denis Sassou-Nguesso pourrait rester au pouvoir jusqu’en 2031.
Selon le ministre de la Communication Thierry Moungalla, qui fut l’un des acteurs de la campagne du président candidat à sa réélection, il s’agit d’« un dénouement conforme à l’adhésion populaire rencontrée durant la campagne du président ». « Ces résultats prouvent que [Denis Sassou-Nguesso] est aimé par son peuple », renchérit Vadim Osdet Mvouba, le porte parole de la jeunesse du Parti congolais du travail (PCT), le parti présidentiel.
La plateforme CAPGED fustige une élection « ni juste, ni libre, ni transparente »
Les chiffres officiels délivrés ce mardi ne laissent aux six autres candidats que des miettes, observe notre envoyée spéciale à Brazzaville, Amélie Tulet. Plus tôt dans la journée, l’un d’entre eux, Destin Gavet, dont c’était la première participation à un scrutin présidentiel, a tenu une conférence de presse pour dénoncer des irrégularités et la coupure totale des télécommunications dimanche et lundi. Le réseau n’est d’ailleurs pas complètement revenu à la normale ce 17 mars, même si les connexions ont commencé à se rétablir à la mi-journée.
Pour Ivan Ngoy, directeur exécutif de l’ONG Global Participe, cette élection est un grand recul pour la démocratie au Congo. C’est « une élection Nintendo » selon Bertrand Menier, porte-parole de la mission d’observation citoyenne de la plateforme de la société civile CAPGED. Il affirme que « les résultats ne reflètent pas la réalité ». D’après la plateforme, il y a eu de nombreuses irrégularités durant la journée de dimanche, et l’élection n’a été « ni juste, ni libre, ni transparente ». L’universitaire Etanislas Ngodi considère quant à lui que Denis Sassou-Nguesso a obtenu « un score à la soviétique », rappelant au passage que ce dernier « maîtrise les institutions, l’appareil sécuritaire et l’appareil administratif ».
Quand les chiffres annoncés mardi seront confirmés par la Cour constitutionnelle, Denis Sassou-Nguesso pourra donc être investi pour un cinquième mandat consécutif, un quinquennat après quatre décennies déjà cumulées à la présidence.

