Le maire de Dakar, Abass Fall, hausse le ton face à des interventions de l’AGETIP sur le site du parcours sportif aménagé par la Ville de Dakar dans le cadre des préparatifs des Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. Dénonçant ce qu’il qualifie de banditisme, l’édile accuse l’agence d’agir avec le soutien du Premier ministre et du ministre chargé des Collectivités territoriales. Tout en annonçant l’envoi d’un huissier pour constater les dégâts, Abass Fall appelle toutefois à éviter la confrontation et plaide pour une meilleure coordination entre l’État et les collectivités territoriales.
Le maire de Dakar, Abass Fall, est monté au créneau pour dénoncer une intervention de l’AGETIP sur le site du parcours sportif aménagé par la Ville de Dakar, notamment grâce à la coopération chinoise, dans le cadre des préparatifs des Jeux olympiques de la Jeunesse Dakar 2026. Dans une déclaration au ton particulièrement ferme, l’édile estime que les travaux engagés sur le site remettent en cause les efforts consentis par la municipalité pour améliorer le cadre de vie des Dakarois.
Abass Fall dénonce ainsi ce qu’il qualifie de « banditisme » de la part de l’AGETIP, qu’il accuse d’être soutenue dans cette démarche par le Premier ministre et le ministre chargé des Collectivités territoriales. Selon lui, cette situation traduit un conflit de responsabilités autour d’aménagements réalisés par la Ville de Dakar.
Un constat d’huissier annoncé
Face à cette situation, la municipalité entend documenter les éventuels dommages constatés sur le site. Abass Fall annonce ainsi qu’un huissier de justice sera dépêché sur les lieux afin de procéder à un constat des dégâts. La Ville de Dakar prévoit également d’informer les populations, particulièrement les jeunes, sur les motivations et les enjeux liés à cette intervention.
Le maire demande par ailleurs aux volontaires mobilisés sur le terrain de s’opposer fermement aux travaux contestés, tout en insistant sur la nécessité d’éviter toute confrontation. Pour l’édile, la mobilisation doit rester encadrée et orientée vers la défense des intérêts de la collectivité et des populations.
Au-delà de la polémique, Abass Fall appelle à davantage de coordination entre l’État et les collectivités territoriales. Il estime que les différentes institutions doivent travailler de manière complémentaire afin de garantir la cohérence des projets d’aménagement et d’éviter les chevauchements de compétences. « L’objectif ne doit donc pas être de rechercher la confrontation, mais plutôt de renforcer la collaboration entre les différents niveaux de responsabilité », souligne-t-il en substance. Pour le maire, les populations attendent avant tout des pouvoirs publics qu’ils mettent leurs efforts en commun pour améliorer durablement leur cadre de vie.
Cette affaire relance également, selon Abass Fall, la question de l’utilisation des moyens transférés aux collectivités territoriales. Il estime que ces ressources doivent être mobilisées de manière efficace, transparente et en cohérence avec les priorités définies localement. Le maire invite ainsi les différents acteurs à tirer les leçons de cette situation afin que les futurs projets d’infrastructures et d’aménagements soient réalisés dans un cadre concerté, avec l’implication des autorités directement concernées. L’enjeu, selon lui, est d’éviter que des investissements publics ne donnent lieu à des tensions institutionnelles ou à des interventions susceptibles de remettre en cause des réalisations déjà engagées.
Abass Fall défend la mobilisation de la Ville
Abass Fall rappelle également que la Ville de Dakar a choisi d’aller au-delà des chantiers initialement prévus dans le cadre des préparatifs des Jeux olympiques de la Jeunesse. Selon lui, plusieurs espaces ont été aménagés alors qu’ils ne figuraient pas, au départ, parmi les interventions prioritaires prévues. Cette décision répondrait à une volonté de la municipalité d’apporter des réponses concrètes aux besoins des populations et d’améliorer leur environnement quotidien. Le maire estime donc qu’il est essentiel de préserver la dynamique collective engagée autour de cette initiative et de ne pas fragiliser les efforts entrepris.
Malgré la fermeté de ses accusations, Abass Fall dit vouloir privilégier la responsabilité et l’intérêt général. Il annonce que la Ville reviendra plus largement sur les enjeux de cette affaire, notamment sur les conditions dans lesquelles les interventions ont été menées sur le site. En attendant, le maire de Dakar appelle à la vigilance et à la mobilisation, tout en mettant en avant la nécessité d’une meilleure coordination entre les différents niveaux de pouvoir. Pour la municipalité, la priorité reste de préserver les investissements réalisés, de garantir la cohérence des aménagements urbains et de faire en sorte que les infrastructures destinées aux populations dakaroises puissent pleinement remplir leur rôle.
Cheikh Thiam

