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Un simple rendez-vous au commissariat pour régler un différend autour d’un deux-roues a conduit à la découverte d’un vaste atelier de falsification de documents douaniers. L’enquête, menée par les policiers du commissariat d’arrondissement de Grand-Yoff, a permis de mettre au jour un réseau organisé opérant entre Dakar et plusieurs localités à l’intérieur du pays, selon des sources de Seneweb.

L’affaire a débuté le mercredi 14 octobre 2026, lorsque le sieur M. ANNE s’est lui-même présenté au commissariat d’arrondissement de Grand-Yoff. Il agissait en exécution de la lettre-plainte numéro 8366, afin de remettre un motocycle au nommé C. A. K. NDIAYE. Cette démarche s’inscrivait dans le cadre d’un accord à l’amiable destiné à résoudre un litige préalable portant sur un engin à deux roues.

Avant la concrétisation de cet accord, les policiers ont procédé à une inspection technique minutieuse de la moto présentée. Lors des vérifications, les enquêteurs ont constaté que le numéro de châssis gravé sur le cadre présentait des traces évidentes d’altération. De plus, les pièces administratives afférentes à la circulation du véhicule étaient entachées de falsifications manifestes.

Interpellé sur l’origine de la moto et de ses papiers, M. ANNE a expliqué aux policiers avoir acheté ce motocycle de marque Jakarta auprès d’un certain Amala, lequel lui avait transmis les documents afférents le lendemain de la transaction. Le mis en cause a affirmé qu’il ignorait totalement le caractère contrefait de ces pièces ainsi que la provenance suspecte de l’engin.

À la suite de ces révélations, les policiers ont appréhendé le dénommé C. Amala CISSOKHO, âgé de 43 ans. Exerçant la profession de livreur et domicilié aux HLM Grand-Yoff, le suspect a décliné son identité avant de passer aux aveux lors de son interrogation. Il a reconnu avoir remis un faux certificat de mise à la consommation au nommé M. ANNE. Il a ensuite révélé que ce document falsifié lui avait été confectionné par le gérant d’un commerce multiservices situé au quartier Derklé – Dieuppeul, moyennant le paiement d’une somme de 30 000 francs CFA.

Accompagnés par le livreur, les enquêteurs se sont immédiatement rendus au quartier Derklé – Dieuppeul. Sur place, les agents ont constaté que l’établissement multiservices servait en réalité d’activité écran pour masquer une officine de contrefaçon. Le gérant s’est identifié sous le nom de K. SANA, informaticien âgé de 52 ans, domicilié au quartier Khar Yalla.

La perquisition effectuée dans l’enceinte du commerce a permis de découvrir des centaines de faux certificats de mise à la consommation portant l’en-tête officiel de la Douane sénégalaise. L’informaticien confectionnait ces pièces administratives pour régulariser des motocycles dont la plupart étaient d’origine illicite. L’analyse détaillée de son matériel informatique a confirmé l’ampleur de ses activités frauduleuses, tandis que son outil de travail a été immédiatement saisi et placé sous scellés.

L’exploitation du téléphone portable du principal suspect a ensuite mis en évidence de nombreuses conversations via l’application WhatsApp avec divers correspondants. Ces interlocuteurs étaient établis dans les secteurs de Dieuppeul, Keur Massar, Keur Mbaye FALL, ainsi qu’aux Maristes et dans les environs. Les complices lui transmettaient directement les numéros de châssis des motos accompagnés d’une copie de la carte nationale d’identité des demandeurs. Contre une rétribution de 30 000 francs CFA par document, K. SANA établissait un faux certificat permettant de réintroduire dans la circulation des véhicules douteux et de tromper la vigilance des services de contrôle routier.

Confronté à l’ensemble de ces éléments probants, K. SANA a entièrement reconnu les faits devant les enquêteurs. Il a allégué s’adonner à cette activité frauduleuse depuis plus de deux ans dans l’intention d’aider des vendeurs et des mécaniciens à régulariser des motos. Pour étayer ses aveux, il a procédé à une démonstration technique complète du mécanisme qu’il employait sur son ordinateur pour falsifier les pièces douanières.

Les deux mis en cause, C. Amala . CISSOKHO et K. SANA, ont été placés en garde à vue pour faux et usage de faux en écritures publiques authentiques, contrefaçon de sceaux de l’État et complicité. L’enquête judiciaire se poursuit sous la direction du Procureur de la République afin d’identifier, de localiser et d’interpeller l’ensemble des coauteurs et complices impliqués dans ce réseau de faussaires.

Mor Mbaye Cissé-Seneweb

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