Dans une chronique incisive publiée par Sud Quotidien, Henriette Niang Kandé critique vivement la note de service du directeur général du Grand Théâtre national du Sénégal interdisant greffages, perruques et dépigmentation à ses employées.
L’auteure s’interroge sur la pertinence d’une telle décision, la comparant à un décret « tombé d’un royaume d’opérette ».
Une obsession capillaire ?
Kandé ironise sur la priorité accordée à l’apparence physique des employées, au détriment de leurs compétences professionnelles. Elle souligne que ces femmes, « avec ou sans perruque », sont celles qui assurent le bon fonctionnement de l’institution.
L’auteure propose avec ironie d’étendre ces interdictions aux hommes, imaginant des clauses contre les cheveux teints, les ventres ballonnés ou les costumes d’imitation.
Un sexisme « crasse, moisi, rassis »
Tout en reconnaissant le fléau sanitaire que représente la dépigmentation, Kandé dénonce le caractère infantilisant et sexiste de l’interdiction. Elle plaide pour l’éducation et la sensibilisation plutôt que pour des circulaires restrictives.
L’auteure s’insurge contre l’atteinte à la liberté des femmes de choisir leur apparence, et met en lumière le sexisme sous-jacent à cette note de service qui vise exclusivement les femmes et leur apparence.
Un revirement sous la pression ?
Suite à l’indignation publique, le directeur est revenu sur sa décision, évoquant un « malentendu professionnel ». Kandé ironise sur ce revirement, le comparant à un « fakir revenu à la raison ».
L’auteure conclut en soulignant l’importance de la compétence professionnelle, qui ne se mesure ni à la coiffure ni à la couleur de peau.

