Malgré les assurances du gouvernement, qui revendique un taux de réalisation de 90 % des accords dans plusieurs ministères et appelle à une suspension de la grève, le Front syndical pour la défense du travail maintient son mot d’ordre de 72 heures à compter du 21 octobre. Une marche nationale est également prévue ce mardi à Dakar pour exiger le respect des engagements pris par l’État. Trois mois de patience demandés, trois jours de grève offerts.
Le gouvernement sort la calculette, les syndicats sortent les pancartes. Le bras de fer entre le gouvernement et les organisations syndicales se poursuit. D’un côté, les autorités mettent en avant les avancées enregistrées dans l’application des accords signés avec les travailleurs et plaident pour une nouvelle chance au dialogue social.
De l’autre, le Front syndical pour la défense du travail maintient la pression et confirme sa mobilisation, malgré l’appel à la trêve lancé par le gouvernement.
Face à la presse lundi, plusieurs ministres ont dressé le bilan de l’exécution des protocoles d’accord dans différents secteurs, avançant un taux de réalisation estimé à 90 % dans plusieurs départements ministériels.
Le gouvernement considère que les parties prenantes sont encore loin du point de rupture du pacte de stabilité sociale, conclu pour trois ans, et invite les syndicats à reconsidérer leur mot d’ordre de grève.
Dans le secteur de la Justice, le ministre Moussa Sarr a notamment fait état de 90 % de réalisation du protocole d’accord conclu avec les organisations syndicales concernées. Le reclassement des agents, sur la base du maintien de leur grade, demeure toutefois un point de désaccord.
Dans l’Éducation, Moustapha Guirassy a insisté sur la continuité du dialogue et appelé à la responsabilité.
En Santé, la généralisation des indemnités de logement reste une revendication majeure, tandis que le dossier des primes liées aux résultats bénéficiaires dans le secteur de l’Énergie attend encore un arbitrage présidentiel.
Ces avancées annoncées par l’État ne semblent cependant pas avoir convaincu les syndicats de suspendre leur mouvement.
Le Front syndical pour la défense du travail maintient sa grève de 72 heures à partir du mercredi 21 octobre. Il appelle également les travailleurs à participer à une marche nationale prévue ce mardi à 15 heures, avec un départ de la FASTEF et une arrivée au rond-point Jet d’Eau.
Les revendications portent principalement sur l’application effective des accords sectoriels dans l’Éducation, la Santé, les collectivités territoriales, la Justice et à la Senelec. Les syndicats réclament également la révision des dispositions contestées des Codes du travail et de la sécurité sociale.
Entre les taux de réalisation avancés par le gouvernement et les revendications que les syndicats estiment toujours insatisfaites, le dialogue social se trouve à l’épreuve.
Si les autorités appellent à privilégier la concertation et à accorder trois mois supplémentaires au pacte de stabilité sociale, le maintien de la marche et de la grève témoigne de la persistance des divergences.
L’enjeu est désormais de transformer les engagements annoncés en réponses concrètes, susceptibles de désamorcer les tensions et d’éviter de nouvelles perturbations dans les secteurs concernés.

