Présent à l’Assemblée nationale ce jeudi 8 mai 2025 à l’occasion de la séance plénière consacrée à l’examen du dossier des cinq ministres impliqués dans la gestion du fonds de riposte contre la Covid-19, Mamadou Lamine Diallo, président du mouvement Tekki, a livré une déclaration sans détour.
« J’ai assisté à la séance et suivi attentivement le rapport présenté par la Commission des lois », a-t-il déclaré en préambule syr Facebook, avant de rappeler que le président Macky Sall avait, en 2019, « décidé unilatéralement de supprimer le poste de Premier ministre, avec l’appui d’une Assemblée nationale entièrement acquise à sa cause ».
Revenant sur la période de pandémie, M. Diallo souligne : « Lors de la crise sanitaire, Macky Sall a qualifié la situation de guerre et sollicité les pleins pouvoirs. L’Assemblée les lui a accordés, en même temps qu’un fonds de riposte d’un montant de 1000 milliards de francs CFA. »
Mamadou Lamine Diallo estime que la responsabilité politique de l’ancien chef de l’État est clairement engagée : « Il n’a pas saisi la justice après la publication du rapport accablant de la Cour des comptes. Pourtant, il avait juré, lors de son investiture, de faire respecter la Constitution et les lois. »
Et d’enfoncer le clou : « Dans une guerre, si des officiers détournent les moyens de défense, on parle de trahison. Ne pas réagir, c’est couvrir ces actes. » Il va plus loin, évoquant une possible requalification des faits : « Si la Haute Cour de Justice reconnaît la culpabilité de plusieurs ministres, cette inaction pourrait alors constituer une faute lourde, voire un acte de haute trahison. »
Pour lui, l’interpellation de la députée Aïssatou Mbodj (DER) s’inscrit dans cette logique de redevabilité et de transparence. « Elle prend tout son sens », conclut Mamadou Lamine Diallo.
Mangoné KA

