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Le Sénégal assiste-t-il à un glissement où les décrets et les nominations judiciaires deviennent des instruments de bataille politique ? Cette interrogation surgit alors que le président Bassirou Diomaye Faye a récemment procédé à des choix stratégiques pour le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo.

Le 20 juillet 2026, trois juristes de haut vol ont été nommés à des postes clés : Papa Assane Touré, Moussa Sarr et Meïssa Diakhaté. Ces nominations, saluées pour leur technicité, interviennent dans un climat politique tendu où l’opposant Ousmane Sonko reste une figure centrale.

Selon le site Xalima, le politologue Mamadou Mao Wane livre une analyse sans concession. Il décèle derrière ce ballet des nominations une manœuvre destinée à écarter Ousmane Sonko. « Les décrets auraient remplacé les matraques, les toges se substitueraient aux uniformes », décrit-il, dénonçant une justice qui se transformerait en champ de bataille politique.

Pour Mao Wane, cette stratégie n’est pas sans risque. Il rappelle que l’histoire sénégalaise regorge de tentatives similaires qui se sont retournées contre leurs auteurs. La résilience du peuple, forgée durant les crises de 2021 à 2024, ne doit pas être sous-estimée. « On peut tenter de suspendre un homme, mais on ne suspend pas une adhésion populaire par simple signature », prévient-il. Il conclut que légitimité et souveraineté ne se décrètent pas et que les institutions ne peuvent durablement servir de rempart contre un adversaire sans se transformer en boomerang. Le gouvernement Lô, en place depuis le 20 juillet 2026, compte ainsi dans ses rangs des figures juridiques comme Papa Assane Touré, Moussa Sarr et Meïssa Diakhaté.

Abdou Nar Dia

editor

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