La rencontre entre Bassirou Diomaye Faye, Emmanuel Macron et Macky Sall en marge de la 81ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, n’avait pas révélé tous ses secrets. Selon des informations exclusives obtenues par Confidentiel Afrique, l’ancien président Umaro Sissoco Embaló a tout fait pour participer à cette audience stratégique, mais s’est heurté au refus catégorique de Macky Sall et de son entourage.
Umaro Sissoco Emballo hors circuit, l’ancien président sénégalais Macky Sall joue contre la montre avant la date butoir de la validation officielle et finale du choix du successeur d’António Guterres. Macky Sall entend soigner son image et y met le prix.
Confidentiel Afrique en exclusivité peut livrer les détails insoupçonnés du refus de l’équipe de campagne de l’ex- président sénégalais Macky Sall (2012- 2024) d’avoir à ses côtés, l’ancien président Umaro Sissoco Embalo, lors de l’audience à la 81 ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies entre Macron- Macky et Bassirou Diomaye Faye.
D’ailleurs, une source proche de Macky Sall nous a glissé qu’ »il en sera désormais ainsi. Nous ne voulons plus de Embalo aux côtés du candidat sénégalais au poste de SG de l’ONU ». L’ancien président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embalo paie ainsi pour son image controversée, voire négative depuis son fameux coup d’État en novembre dernier, qui a consacré l’arrivée aux affaires d’une junte militaire dirigée par le général Horta N’Tam.
Au croisement de nos sources bien introduites, Confidentiel Afrique en sait davantage sur l’absence de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló à l’audience de Macky Sall avec Bassirou Diomaye Faye aux Usa. Les faits se sont déroulés à la fameuse audience du chef de l’État sénégalais avec son homologue français, Emmanuel Macron. Sur les images qui ont fait le tour du monde, on voit bien Diomaye Faye et ses hôtes (Macron et Sall), mais nulle part la silhouette de Umaro Sissoco Embalo.
Confidentiel Afrique tient en effet, d’une source proche de l’ancien chef de l’État sénégalais que l’ex- homme fort de la Guinée Bissau a investi sans succès, des pieds et des mains pour marquer sa présence à l’audience. Macky Sall et son entourage se sont catégoriquement opposés que Embaló soit de la rencontre. Mieux, la même source précise qu’il en sera désormais ainsi pour l’ancien chef de l’État bissau-guinéen. “Son image est dévastatrice pour la campagne de Macky Sall”, a confié cette personnalité auprès de Macky Sall. “D’ailleurs nous nous sommes vigoureusement mis face à Macky Sall quand il a accepté d’être en compagnie de Embaló, à l’occasion de ses audiences hautement stratégiques, comme celle en juillet dernier, à Dakar, avec Bassirou Diomaye Faye”, confirme notre source. “Tout le monde a vu le résultat d’une audience chahutée par la présence de l’ancien président de Guinée Bissau passant plus pour un comédien avec son écharpe rouge blanc”, se désole-t-il. “Désormais, fait savoir la même source, Umaro Sissoco Embaló ne sera plus aux côtés de Macky Sall durant cette campagne pour le poste de SG des Nations Unies”. Confidentiel Afrique révélait en exclusivité dans une série d’articles précédents que le soutien de Umaro Sissoco Embalo était devenu encombrant et pesait négativement sur l’image de l’ancien président Macky Sall, en lice pour succéder à Antoniô Guteress.
L’image de l’ancien homme fort de Bissau s’est fortement dégradée depuis le coup d’État qui l’a emporté le 26 novembre dernier et mené par des hauts gradés de l’armée, à la veille de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle et législative du 23 novembre 2025. L’opinion notamment au Sénégal a considéré ce coup de force comme un “simulacre de coup d’Etat” fomenté par Embaló lui-même, donné perdant à la présidentielle. D’ailleurs, du haut de la tribune de l’Assemblée nationale où il était venu répondre, le 22 mai, à la séance de questions d’actualité des députés, l’ex-Premier ministre Ousmane Sonko a qualifié de « combine » le coup d’État militaire en Guinée-Bissau, précipitant le départ de Embalo, en escale ou en exil temporaire à Dakar.
Les revers de l’ancien chef de l’Etat de Guinée Bissau ne s’arrêtent pas là. Le général Horta N’tam, patron de la junte au pouvoir, a limogé par décret présidentiel, mardi 6 octobre, deux proches de Embalo. Il s’agit du général Mamasaliu Embalo, ministre de l’Intérieur, et de Virginia Maria da Cruz Godinho Pires Correia, ministre de la Pêche et de l’Économie maritime.
Le 1er octobre dernier, la junte militaire au pouvoir a officiellement interdit le retour au pays de l’ancien président renversé en invoquant que les “conditions de sécurité” ne sont pas réunies.
Cette décision fait suite à l’annonce récente d’Umaro Sissoco Embaló, actuellement en exil, concernant sa volonté de rentrer à Bissau le 4 octobre 2026 afin de se porter candidat à l’élection présidentielle prévue le 6 décembre 2026.
Umaro Sissoco Embaló a annoncé son retour en Guinée-Bissau après près de dix mois passés hors du pays. “Oui, je serai candidat”, a déclaré Embaló lundi 28 septembre, selon des médias locaux. L’ancien chef de l’État entend porter une “Plateforme républicaine” et a appelé ses compatriotes à faire de son retour un moment placé sous le signe de “l’harmonie, de la tolérance et du respect mutuel.” Une véritable bérézina affligée a l’ancien président par la junte militaire bissau-guinéenne au pouvoir.
Par Chérif Ismael AÏDARA (Confidentiel Afrique)

