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Décidément, le Sénégal est un pays à part. Vu de l’extérieur, on pourrait avoir l’impression que Sunugal tangue, chavire, se déchire et s’apprête à couler. Le vacarme est tel qu’on croirait au sauve-qui-peut.

Il suffit pourtant de fouler notre sol pour s’apercevoir qu’il n’en est rien. Seuls un groupuscule de politiciens en mal de popularité, d’anciens gouvernants aigris et revanchards et des acteurs des médias en guerre ouverte avec l’actuel régime, s’évertuent à peindre un tableau si apocalyptique qu’on se croirait au bord du précipice.

Heureusement que ces oiseaux de mauvais augure ont été démasqués et leur manœuvre mise à nue par le très alerte

Mamadou Sy Albert dans sa chronique intitulée « La fabrique de la psychose chaotique ». « Depuis l’avènement de l’alternative en mars 2024, écrit-il, le procédé fantasmant de chaos social, économique et politique est quasi identique. Il consiste à exploiter, à travers des communiqués de presse incendiaires, des conférences de presse, des interviews, un évènement ou une décision politique, en diffusant le virus de la psychose d’un chaos imminent ou d’une catastrophe nationale » (Yoor Yoor N° 00699 du 24 Juillet 2025).

Certes, tout n’est pas parfait. Loin de là. La situation économique est bien évidemment difficile. Mais le tandem au pouvoir a été le premier à le dire à haute et intelligible voix. Sans faux-fuyant ni langue de bois.

Hormis ce bémol, le Sénégal réunit tous les critères d’un pays stable. Les populations vaquent tranquillement à leurs occupations. Les agents de l’Etat perçoivent régulièrement leurs salaires. De même que ceux du privé, à quelques exceptions près. Les marchés sont bien approvisionnés et il y a longtemps que les prix n’ont pas flambé. Aucune pénurie ni inflation ne sont à déplorer. Le gouvernement gouverne et l’opposition s’oppose avec ses moyens. Le dialogue national sur le système politique s’est parfaitement déroulé et a enregistré les résultats qu’on connaît. Nos institutions fonctionnent normalement. La liberté d’expression est garantie à tous, pour autant qu’elle s’exerce dans les conditions prévues par la loi. Enfin, contrairement à ce que prétendent les détracteurs invétérés du duo Sonko-Diomaye, la justice est loin d’être sous le joug de l’Exécutif. Sinon, le Premier Ministre Ousmane Sonko (rabat d’arrêt dans son procès en diffamation contre Mame Mbaye Niang) et le Ministre de la Communication, Alioune Sall, (rejet de sa décision de fermeture du site « Public Sn ») ne verraient pas les juridictions trancher en leur défaveur dans l’intervalle d’un mois.

Ces éléments sont incontestables parce que factuels. Ils prouvent surtout à suffisance qu’on est bien loin du tableau très sombre que certains veulent dresser du pays.

Mieux, les efforts de redressement déployés par les nouvelles autorités sont hautement salutaires au regard du passif laissé par le défunt régime. Le bilan hérité de leurs devanciers est si désastreux qu’elles en sont hélas réduites à redresser la situation d’abord. Avant de penser à relancer la machine économique. C’est tout l’enjeu du plan de redressement que le Premier ministre Ousmane Sonko a rendu public ce vendredi 1er août 2025.

On ne redresse que ce qui a été mis par terre

Comment ne pas s’étonner que certains parmi ceux qui ont mis littéralement ce pays par terre, aient aujourd’hui le cran de s’émouvoir de la situation dans laquelle, ils l’ont plongé du fait de leurs carences. C’est le monde à l’envers !

Plus surprenant encore, ils décochent tous les mêmes éléments de langage dans leurs salves de critiques contre le Président et son Premier Ministre. « Ils n’ont qu’à donner des emplois aux jeunes, trouver une solution à la vie chère et assainir les finances publiques », s’éructent-ils. Pourtant, ce sont les mêmes qui, il y a 15 mois, défendaient mordicus le bilan du Président Macky Sall et prétendaient qu’il était si « élogieux » qu’il fallait opter pour la « continuité » et voter pour le candidat de Benno Bokk Yaakaar, Amadou Ba.

Or, il s’avère que c’est pour avoir lamentablement échoué à « donner des emplois aux jeunes », à « baisser le coût de la vie » et à « bien tenir les finances publiques » qu’ils en font à présent un moyen de pression contre le duo Sonko-Diomaye qui en a juste hérité. Comme aveu d’échec, on ne peut trouver mieux.

En tous les cas, la page est tournée. Et l’heure est au « Plan de redressement économique et social » présenté ce vendredi avec brio par le Premier ministre, en présence du chef de l’Etat et devant les forces vives de la Nation.

Bien vrai que le lancement officiel intervienne ce 1er août, le relèvement de plusieurs pans de notre économie a été entamée depuis longtemps déjà. En témoigne cet épisode raconté par le Président Bassirou Diomaye Faye au sujet d’un contrat qu’a voulu signer son prédécesseur Macky Sall et qu’il a eu à retoquer, avant même sa prise de fonction. Il le signera plus tard, après son installation, et « dans des conditions beaucoup plus avantageuses pour le Sénégal ». Et le Président de poursuivre : « c’est parce que nous avons dissout le Conseil économique, social et environnemental et le Haut Conseil pour les collectivités territoriales que nous avons dégagé des économies substantielles qui ont permis de recruter 2000 enseignants ». Mais le plus scandaleux, selon le Président, est que c’est à la suite de la dissolution du HCCT qu’il s’est aperçu que « l’Etat payait toujours des charges locatives sur l’immeuble qui abritait l’institution et qui était devenu son bien propre depuis 2014 ». Montant du gâchis : près de 3 milliards sur l’argent du contribuable !

Beaucoup d’autres mesures de redressement ont été déjà prises. Septembre 2024 : les nouvelles autorités suspendent les accords de pêche avec l’Union européenne qui avaient conduit à un pillage systématique de nos ressources halieutiques avec, comme seule contrepartie financière, 10 pauvres milliards de francs par an. La mesure de suspension a aussitôt produit des signes encourageants avec la restauration des écosystèmes marins et le retour d’espèces en voie de disparition au grand bonheur des acteurs de la pêche artisanale.

Sur un tout autre registre, l’ASER, en dépit d’une polémique stérile autour de ses contrats, a électrifié 172 villages, rien qu’au premier trimestre 2025, dépassant ainsi largement la moyenne annuelle des années précédentes, à savoir 125 villages.

Autre fait d’arme : la renégociation en des termes beaucoup plus avantageux du contrat entre l’Etat et Acwa-Power Sénégal à propos de l’usine de dessalement d’eau de la Grande Côte. Au terme de la renégociation, le Sénégal a bénéficié d’une réduction significative de ses charges financières avec un effort de soutenabilité qui est passé de 20 milliards sur la période 2027-2029 dans l’ancien contrat à 17, 5 milliards dans le nouveau. L’eau dessalée a également été revue à la baisse, passant de 427 francs le mètre cube dans l’ancien contrat à 389, 8 francs le mètre cube dans le contrat révisé.

Cerises sur le gâteau : la capacité de production solaire a portée à 300 MWc contre 150 MWc dans l’ancien contrat et, surtout, l’entrée de la Senelec et de la Sones dans le capital de l’entreprise. On ne pouvait espérer mieux en matière de renégociation.

Last but not least : au plan macro, le déficit budgétaire est projeté à 8% après avoir oscillé à 12% en 2024, en dépit d’un service de la dette qui a atteint un niveau record de …119% de notre PIB.

Naturellement, la liste de ces mesures de correction et de redressement est loin d’être exhaustive. Mais ce qui est encore plus remarquable, c’est que toutes ces performances ont été réalisées sans l’appui technique ou financier du FMI ou de la Banque Mondiale. Alors qu’on s’est toujours fait à l’idée que nos Etats ne pouvaient rien faire sans l’accompagnement des institutions de Bretton Wood.

Voilà qui valide l’option souverainiste chère au duo Sonko-Diomaye et qui apparait très clairement dans le mode de financement prévu pour le « Plan de redressement économique et sociale ». Faisant la comparaison avec le Plan de résilience économique lancé par Macky Sall après le Covid, le Premier ministre a souligné que celui-ci a été financé à 84,5 % par les partenaires financiers, là où 90% des ressources du nouveau plan de redressement proviennent de ressources endogènes sans endettement. Toute la différence est là !

Mais terminons avec ce qui a été le clou de la présentation d’hier, à savoir la séquence questions-réponses entre le Premier ministre et les représentants d’organisations socio-professionnelles. Elle a été marquée par le passage du vaillant et brillant Pape Natango Mbaye. Handicapé des membres supérieurs, il a réussi à décrocher le baccalauréat S 2 en écrivant avec ses pieds et s’est vu décerner le Prix Gaïndé par le chef de l’Etat pour sa ténacité et son parcours hors du commun.

Invité à prendre la parole, son image est parlante. Elle nous enseigne que le handicap n’est pas un frein pour avancer. Ni pour l’humain, ni pour les Etats. Son propos est encore plus éloquent : « le handicap, dit-il, ne brise pas les rêves ».

Voilà en gros tout ce qu’il faut retenir de ce plan de redressement qui permet de rebondir malgré les difficultés.

Momar DIONGUE,

Journaliste, Directeur Général APS

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