Face à la polémique persistante autour du rapport de la Cour des comptes sur la gestion des finances publiques, Aliou Niane, président de la Chambre de discipline financière (CDF), a décidé de réagir publiquement. C’est en marge de la cérémonie de présentation du livre du professeur Abdourahmane Dioukhané, intitulé « Le marché commun de l’Union européenne et de l’UEMOA », qu’il a apporté plusieurs éclaircissements.
« Il a été dit que le rapport n’était pas contradictoire. C’est faux. Toutes les procédures de la Cour des comptes sont écrites, rigoureusement contradictoires et respectent les règles établies », a-t-il affirmé. Selon lui, l’audit en question n’avait pas pour cible un ministre en particulier : « Il ne s’agissait pas de s’intéresser à tel ou tel ministre, ni à ceux qui se sont succédé aux postes des Finances ou de l’Économie. L’objectif était de dresser un état des lieux des finances publiques à un moment donné. Les administrations concernées ont été associées dans le cadre du contradictoire. »
Aliou Niane a également réagi aux critiques remettant en question la validité du rapport : « Contrairement à ce qui a été avancé, le rapport a bel et bien été signé. Sur notre site, les publications ne comportent pas de signatures, et c’est une pratique courante, y compris à la Cour des comptes française. »
Il a tenu à clarifier un autre point : la prétendue certification des comptes publics jusqu’en 2024. « Il n’existe pas de procédure de certification des comptes au sein de la Cour des comptes. Ce que nous produisons, ce sont des rapports sur l’exécution des lois de finances, ainsi que la Déclaration générale de conformité. Ces documents sont souvent critiques à l’égard de la gestion des deniers publics. Ils relèvent des irrégularités et formulent des recommandations », a-t-il expliqué.
Et de poursuivre : « Pendant près de dix ans, la Cour a déclaré qu’elle n’était pas en mesure de produire la Déclaration générale de conformité, car les éléments dont nous disposions ne le permettaient pas. Pourtant, ces lois de règlement ont été votées par le Parlement. La responsabilité n’incombe donc pas à la Cour. »
Aliou Niane a conclu avec fermeté : « La Cour des comptes est une institution indépendante. Elle ne dépend d’aucun pouvoir et ne permettra à aucun d’entre eux d’interférer dans ses travaux. Nous sommes la sentinelle des finances publiques, et nous entendons assumer pleinement notre indépendance. »

