Réuni en Bureau politique ce samedi 12 septembre sous la présidence de Khalifa Ababacar Sall, Taxawu Senegaal dresse un réquisitoire sans concession contre la gestion du pouvoir en place. Entre tiraillements au sommet de l’Etat, détresse du monde rural, mévente du riz dans la Vallée et hausse généralisée des prix, le parti d’opposition dénonce l’inefficacité des politiques publiques et appelle le gouvernement à des réponses d’urgence pour freiner l’émigration clandestine.
Par Justin GOMIS – Le ton s’impose et la charge est lourde. A l’issue de la réunion de son Bureau politique tenue le samedi 12 septembre 2026 à Dakar, la formation politique Taxawu Senegaal, dirigée par Khalifa Ababacar Sall, s’est fendue d’une déclaration au vitriol pour analyser la situation politique, économique et sociale du Sénégal.
Sur le plan politique, la formation d’opposition ne cache pas son inquiétude face à ce qu’elle qualifie de «persistance des tiraillements au sein du camp au pouvoir». Pour Taxawu Senegaal, ces querelles internes, associées à la «progression de ruses politiques», ne font que fragiliser la confiance des citoyens envers les institutions et l’action publique. Réaffirmant son ancrage dans une «opposition républicaine, vigilante et constructive», le parti rappelle que l’action politique doit d’abord reposer sur l’éthique, la conviction et le respect des engagements.
Détresse du monde rural et drame de l’émigration
Le tableau dépeint sur l’état de l’agriculture sénégalaise est particulièrement sombre. Malgré les promesses officielles, le monde rural continue d’étouffer sous le poids des contraintes : retard critique dans la mise à disposition des intrants, manque de financements adéquats et problème aigu de commercialisation des récoltes.
Taxawu Senegaal tire notamment la sonnette d’alarme sur la mévente des productions de riz local dans la vallée du Fleuve Sénégal. Une situation intenable qui, selon le Bureau politique, alimente directement l’exode rural et pousse des vagues de jeunes désespérés vers les pirogues de l’émigration irrégulière. «La souveraineté alimentaire ne peut pas être réduite à un simple slogan», martèle le communiqué, réclamant une politique agricole globale et ambitieuse allant de la production jusqu’à la commercialisation.
Sur le front socio-économique, le parti d’opposition dresse le constat d’une dégradation continue du panier de la ménagère. Cherté des carburants, hausse des denrées de première nécessité et coupures d’électricité empoisonnent le quotidien des Sénégalais. Concernant les négociations financières internationales, Taxawu Senegaal met en garde l’Exécutif : l’accord technique conclu avec le Fonds monétaire international (Fmi) ne doit pas être présenté comme une panacée ou «une fin en soi». Pour le parti de Khalifa Sall, les exigences budgétaires ne doivent en aucun cas se faire au détriment de l’amélioration concrète des conditions de vie des populations, de l’emploi des jeunes, de l’autonomisation des femmes et du renforcement de l’Etat de Droit. S’affirmant plus que jamais comme une «alternative crédible», le Bureau politique de Taxawu Senegaal conclut en appelant ses militants, sympathisants et les forces vives du pays à rester mobilisés pour la défense d’un Sénégal «plus juste et plus solidaire».
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