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Le Rassemblement islamique du Sénégal (Ris) n’apprécie guère la sortie du Général Meissa Sellé NDIAYE. Ce dernier a, durant le week-end, invité les autorités à prendre au sérieux les risques sécuritaires face à l’émergence d’un Islam importé. Selon lui, il existe, une catégorie de prêcheurs, formés à l’étranger, qui tient un discours qui contraste avec l’islam confrérique traditionnel  de notre pays. Ainsi, il a demandé aux autorités de s’interroger sur leurs discours dans les daaras, sur l’éducation qu’ils y donnent, et sur leurs sources de financement. De son avis, certains d’entre eux peuvent être soutenus par des réseaux criminels liés au trafic de drogue et aux prises d’otages.

Et dans un communiqué rendu public, le Ris a condamné avec la dernière énergie cette sortie de l’ancien aide de camp de Macky Sall. D’ailleurs l’organisation invite le procureur à s’autosaisir pour faire la lumière sur les insinuations du Général à la retraite. « Le général n’a pas hésité à insinuer publiquement que certaines organisations islamique seraient financées par des réseaux liés au trafic de drogue ou au terrorisme, sans avancer la moindre preuve. Le RIS Alwahda considère ces propos comme d’une extrême gravité et appelle à ce qu’ils ne restent pas sans suite. Il en va de l’honneur des nombreuses associations islamiques injustement jetées à la vindicte publique », lit-on, en effet dans la document parcouru par votre canard. Si le général Meïssa Sellé Ndiaye, soulignent les signataires du document, « détient des preuves de tels financements par des réseaux criminels, qu’il les présente devant la justice. Dans le cas contraire, ces accusations doivent être considérées comme des manœuvres diffamatoires et dangereuses pour la stabilité nationale ».

De l’avis des membres du Ris, « parler d’islam importé est dangereux, simpliste et réducteur. Cela suggère qu’il existerait un islam légitime et un autre illégitime par essence, car perçu comme étranger. Or, l’islam est une religion plurielle, traversée depuis ses origines par des courants de pensée, des traditions et des sensibilités diverses ». En évoquant un prétendu islam importé qui menacerait l’islam confrérique du Sénégal, estiment-ils, « le général entretient une vision dangereusement réductrice de l’islam sénégalais, et jette l’opprobre sur une partie de la communauté musulmane dans un contexte où l’apaisement devrait primer ».

Et pourtant, rappellent-ils, lors des événements entre 2021 et 3024, « le RIS Alwahda n’a cessé d’alerter sur la criminalisation des voix dissidentes, les arrestations abusives, les accusations infondées de terrorisme à l’encontre de jeunes citoyens, et les violences perpétrées contre des manifestants. Que le général Meïssa Sellé Ndiaye, acteur central de l’appareil sécuritaire de cette époque, cherche aujourd’hui à se poser en vigile de la République et en arbitre de la légitimité religieuse est pour le moins choquant ».

Le Ris reste convaincu que la lutte contre l’extrémisme, qu’il soit religieux, politique ou idéologique, doit être menée avec rigueur, discernement et un sens aigu de la justice. Le radicalisme, indique t-il, « ne relève pas d’un courant particulier ni d’une croyance spécifique. Il peut s’exprimer aussi bien à travers des prêches haineux ou des violences physiques, que par des politiques autoritaires, des discours stigmatisants ou des mesures d’exception liberticides. Lutter efficacement contre toutes les formes d’extrémisme suppose donc de défendre sans relâche les principes démocratiques, de garantir les droits fondamentaux et de promouvoir un vivre-ensemble fondé sur la dignité, la reconnaissance et la justice. Si le RIS Alwahda partage la préoccupation de voir notre pays préservé des dérives extrémistes, il dénonce avec fermeté la stigmatisation injustifiée d’associations islamiques légales, encadrées, actives dans l’éducation, la prédication et la solidarité ».

En d’autres termes, le RIS Alwahda rejette toute tentative de cliver la communauté musulmane sur la base de « distinctions fallacieuses entre un islam local et un autre importé. Ces oppositions sont non seulement historiquement fausses, mais théologiquement infondées. Le Sénégal, à l’image du monde musulman, est riche de la diversité de ses écoles, de ses approches, de ses voix. Cette pluralité, loin d’être une menace, constitue le cœur vivant de notre spiritualité nationale. L’islam ne se divise pas entre authentique et suspect. Il est universel, enraciné, et multiple. Du soufisme aux courants réformistes, en passant par les mouvements indépendants, tous les musulmans du Sénégal partagent la même foi, le même amour pour le Prophète (PSL) et la même volonté de vivre en paix dans ce pays ».

Le Ris n’a pas manqué de rappeler que « ce ne sont pas les différences théologiques qui menacent notre cohésion, mais les discours de suspicion, les procès en légitimité, et les instrumentalisations politiciennes de la religion. Le RIS Alwahda reste fermement engagé pour la défense de l’islam dans toutes ses expressions légitimes, pour la préservation des libertés religieuses, et pour la promotion d’un Sénégal où l’unité se bâtit sur la justice, le dialogue et le respect mutuel ».

editor

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