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Le bureau politique de l’Alliance pour la République et la Citoyenneté (ARC) a réagi avec sévérité à l’entretien accordé par le président Bassirou Diomaye Faye aux médias. Tout en saluant l’initiative, le parti regrette que l’occasion ait été gâchée par des considérations politiques internes, au détriment des véritables attentes des Sénégalais.

L’ARC a pris soin de ne pas rejeter en bloc la démarche présidentielle. Le parti salue l’initiative du président de s’adonner à cet exercice de communication qui participe à la transparence.  Le bureau politique « regrette le déséquilibre marqué entre les considérations politiques et les impératifs socio-économiques qui touchent directement le quotidien des citoyens ». Selon l’ARC, le moment commandait pourtant des orientations stratégiques fortes. Le pays fait face à une crise économique interne, une justice contestée, une intégrité territoriale fragilisée par le terrorisme et une diplomatie jugée affaiblie. Dans ce contexte, le parti estime que l’entretien « a plutôt tourné à la clarification politique et à des règlements de comptes internes ». La question que pose le bureau politique est cinglante : « N’est-ce pas là un aveu d’impuissance face aux défis majeurs ? »

Sur le terrain économique, le tableau dressé par l’ARC consiste à relever le point sur la croissance qui devrait tomber à 2,5 % en 2026, contre 6,7 % l’année précédente. Face à cela, « les réponses apportées semblent manquer de pragmatisme immédiat », selon le communiqué. Le parti pointe notamment l’absence totale de propos sur la dette intérieure, « qui étouffe les entreprises » silence jugé « d’une grande incongruité pour un régime qui se dit souverainiste ».

L’ARC interpelle également le président sur trois fronts sociaux en l’occurrence celui de la santé, de l’éducation et de l’emploi des jeunes. Le secteur de la santé reste en proie à « des revendications syndicales persistantes », tandis que la situation éducative demeure « tout aussi préoccupante ». Quant à l’emploi, le parti note qu’« aucune avancée significative n’a été enregistrée », alors même que 2026 a été « solennellement proclamée année de l’emploi ». Résultat : une jeunesse poussée vers « les voies périlleuses de l’émigration clandestine ».

Le bureau politique adresse un appel au chef de l’État en l’invitant à faire focus sur les priorités : « Vous êtes tenu, en tant que président de tous les Sénégalais, de vous mettre au-dessus de la mêlée et de vous hisser à la hauteur des enjeux qui engagent le devenir du pays. Il faut prioriser l’action au détriment de la parole ».

Dakaractu

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