Devant les enquêteurs de la Dnlt, Yacouba Diallo a assumé son statut de «démarcheur » et fait des révélations. Libération révélait que le ressortissant guinéen Abdoulahi Bah devenu Abdoulaye Ba sur la base de faux papiers et le Sénégalais Yancouba Diallo avaient été déférés au parquet de Saint‐Louis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux, obtention indue de documents administratifs sénégalais et faux en écritures publiques. Comme nous le révélions, un lot impressionnant de documents a été retrouvélors de la perquisition effectuée à Tamba, au domicile de Yacouba Diallo, qui a permis à Abdoulahi Bah d’avoir de faux documents sénégalais. Lors de son interrogatoire, Abdoulahi Bah, interrogé sur son acolyte qui l’a aidé à obtenir indûment des actes d’état civil à Tambacounda et Ndame retrouvés avec lui, avait indiqué avoir sollicité Yancouba Diallo 15.000 Fcfa par document. Il avait aussi révélé avoir même «commandé» un certificat de nationalité sénégalaise au profit de son épouse S.Sow pour la somme de 75.000 Fcfa. Face aux enquêteurs, Yancouba Diallo, qui se dit commerçant et démarcheur, n’a pas cherché à se dérober. «Pour le jugement de naissance, je réclame 50.000 Fcfa. Pour le certificat de nationalité sénégalaise, je réclame 25.000 Fcfa. Pour les annulations aussi, je réclame 50.000 Fcfa. Avec ces montants, je parviens à défalquer les sommes que je paie pour les frais de justice », a‐t‐il affirmé face aux enquêteurs.Il a révélé également avoir sollicité divers services compétents dont la mairie et le tribunal de Tambacounda, la mairie et le tribunal de Koumpentoum, la mairie de Grand Yoff, le tribunal de grande instance hors classe de Dakar mais aussi la mairie et le tribunal de Kolda pour obtenir des jugements d’autorisation d’inscription de naissance, des certificats de nationalité etc. La perquisition effectuée dans son domicile a révélé, au‐delà de l’ampleur de son activité, une familiarité avec des acteurs locaux concernés. Ce qui lui a vraisemblablement permis de faire obtenir des actes au profit de ressortissants étrangers.
CMG, Libération

