Nos pagnes tissés, nos étoffes sérères, le bogolan du Mali, le Faso Dan Fani ou les pagnes joola ne sont pas de simples tissus. Ils racontent des histoires, des lignées, des résistances. Ils disent qui nous sommes et d’où nous venons. Pendant longtemps, porter ces tenues en dehors des cérémonies traditionnelles était presque une audace réservée aux “artistes” ou aux “originaux”.
Je me souviens encore de ces remarques : “Ah, toi tu dois être un artiste” à chaque fois que je m’habille en bogolan comme si assumer son héritage ne pouvait relever que de l’extravagance.
Aujourd’hui, voir des figures publiques comme Sonko arborer fièrement des tenues locales, c’est un puissant geste de décomplexion. Il montre que la fierté culturelle n’est ni folklorique, ni marginale. Elle est politique, noble, assumée.
Cela ne veut pas dire qu’on rejette les costumes-cravates ou l’élégance à l’occidentale. Pas du tout. Cela veut juste dire que nous avons aussi le droit d’être beaux, élégants, dignes en étant nous-mêmes.
Et ça, c’est une révolution silencieuse. Une renaissance.

