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L’ancien ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération, Abdourahmane Sarr, conteste le bien-fondé du «Plan de traitement de la dette» sénégalaise par le FMI, qu’il accuse d’avoir restructuré la dette. D’après ses calculs basés sur la révision du PIB, l’UEMOA et d’autres institutions régionales auraient parfaitement pu absorber les tensions de trésorerie. Dès lors, imposer des sacrifices aux investisseurs et au peuple était, selon lui, une mesure évitable. PressAfrik vous propose son analyse IN EXTENSO

«La Directrice Générale du FMI a dit lors de son point de  presse aux assemblées annuelles du FMI et de la Banque Mondiale en Thailande, que le Sénégal a un grand potentiel et avait besoin de dépasser la problématique de la dette cachée qui a été découverte. 

Elle confirme que le Sénégal est pour eux une occasion de premier cas test de restructuration de dette dans le cadre commun du G20 renforcé.

Elle dit que le FMI, au delà du programme qu’il pourrait soutenir, joue un rôle de facilitateur entre le Sénégal et ses créanciers en donnant un avis objectif sur la situation économique et financière du pays. Il est vrai que le Sénégal a besoin d’un programme avec le FMI pour lui permettre de plus facilement tourner la page de sa dette cachée mais il faut s’assurer que c’est sa véritable situation économique et financière qui est décrite.

Malheureusement, le Sénégal est un mauvais test pour le cadre commun renforcé du G20 car il n’a besoin que d’un simple reprofilage, et encore, pour réduire ses tensions de trésorerie. Le FMI aurait pu s’en occuper seul, tellement les montants sont dérisoires. Cependant pour un cas test, on peut comprendre qu’il vaille mieux choisir un cas facile.

En réalité, les institutions régionales de l’UEMOA seules, avec la BOAD comme intermédiaire auraient pu régler le problème d’un de leurs membres avec l’appui du FMI sans dramatiser le cas du Sénégal et en faire le cobaye d’un exercice cosmétique de simple reprofilage.

L’UEMOA a actuellement des fondamentaux macroéconomiques et financiers solides. Les échéances extérieures à court terme du Sénégal qui poseraient problème sont une goutte d’eau pour l’union. Le véritable cas test devait être l’utilisation de nos instruments régionaux pour démontrer leur capacité à gérer une crise de liquidité isolée.

L’histoire prouvera que le reprofilage de la dette du Sénégal était évitable et réalisable par le marché sans restructuration».

Abdouhramane Sarr 
Ancien cadre du FMI,
Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération du Sénégal (avril 2024 – juin 2026). 

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