Alors que des interrogations persistent sur le respect du calendrier des prochaines élections locales au Sénégal, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, affirme que les services relevant de son département sont prêts. Il insiste sur la transparence du processus électoral, appelle au dialogue entre les acteurs politiques et rappelle que la fixation du calendrier s’inscrit dans un cadre légal dont l’évolution relève notamment de l’autorité compétente.
La préparation des prochaines élections locales suscite des interrogations, notamment sur le respect des délais prévus par le Code électoral et la possibilité d’organiser le scrutin avant l’expiration des mandats des maires et des conseillers départementaux, fixée au 23 janvier 2027. Interpellé sur cette question, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a assuré que les services placés sous son autorité étaient à jour dans leurs préparatifs.
Sur la question du calendrier électoral, le ministre a tenu à distinguer les responsabilités de son département de celles relevant des autres autorités institutionnelles. Il a notamment rappelé le rôle de la Direction générale des élections (DGE), de la Direction de l’automatisation du fichier (DAF) ainsi que de l’administration territoriale dans l’organisation matérielle du scrutin.
« Nous sommes silencieux parce que nous travaillons. On n’a pas besoin de parler », a-t-il déclaré, affirmant que les structures relevant du ministère de l’Intérieur étaient mobilisées et prêtes à remplir leurs missions.
Un dispositif électoral présenté comme opérationnel
Mouhamadou Makhtar Cissé a assuré que le fichier électoral était sous contrôle et que la Direction générale des élections était prête. Il a également souligné le rôle de la Direction de l’automatisation du fichier dans la gestion des questions relatives à l’identification des électeurs et aux documents nécessaires à leur participation au scrutin.
Selon le ministre, le processus électoral obéit à un cadre normatif établi, dont la mise en œuvre est enclenchée par un décret du président de la République. Les actes administratifs subséquents doivent ensuite être pris conformément aux dispositions applicables.
Tout en affirmant la disponibilité de l’administration, il a insisté sur son engagement à garantir la transparence et l’intégrité du dispositif électoral.
« Le seul engagement que je peux prendre, c’est l’engagement de la transparence et de l’intégrité du dispositif électoral », a-t-il déclaré.
Le ministre a également salué l’expérience accumulée par l’administration sénégalaise dans l’organisation des scrutins, rappelant que le pays avait connu plusieurs alternances démocratiques pacifiques sous la conduite des institutions nationales.
À ses yeux, cette expérience constitue un acquis institutionnel qu’il convient de préserver, notamment à travers la mobilisation des agents chargés de préparer et de conduire les opérations électorales.
Le calendrier électoral au cœur des interrogations
L’un des principaux points soulevés concerne le délai de fixation du montant de la caution électorale, que le journaliste a situé au 20 août dernier, sur la base des articles L.247 et L.282 du Code électoral.
Interrogé sur le dépassement allégué de cette échéance, le ministre n’a pas annoncé de date précise pour la publication des actes attendus. Il a plutôt insisté sur le caractère encadré du processus électoral et sur la nécessité pour les acteurs concernés de poursuivre les échanges.
La question du calendrier demeure ainsi au centre des préoccupations, alors que des observateurs et des acteurs de la société civile estiment que les contraintes matérielles pourraient compliquer l’organisation du scrutin avant la fin des mandats en cours.
Face à ces interrogations, Mouhamadou Makhtar Cissé a rappelé que des partis politiques avaient saisi la Cour suprême sur les questions liées aux dispositions électorales. Il a souligné que ces démarches relevaient des droits des acteurs politiques et que les autorités devaient tenir compte des préoccupations exprimées dans le cadre légal.
Un éventuel report évoqué, sans annonce formelle
Questionné sur la possibilité d’un glissement du calendrier électoral, le ministre s’est gardé d’annoncer officiellement un report. Il a rappelé que l’organisation des élections était encadrée par la loi et que toute évolution devait s’inscrire dans le respect des procédures institutionnelles.
« D’ici la fin de l’année 2027, vraisemblablement, il y aura des élections locales. Sauf si l’Assemblée nationale a décidé autrement », a-t-il indiqué.
Cette déclaration évoque la possibilité d’une modification du calendrier par voie législative, sans toutefois constituer l’annonce d’une décision déjà prise. Le ministre a également rappelé que les élus issus des élections locales de 2022 avaient exercé leurs fonctions pendant une période proche de sept ans, un précédent qui nourrit les discussions actuelles sur la durée des mandats et la date du prochain scrutin.
Pour autant, aucune date définitive n’a été annoncée au cours de cet échange. La tenue des élections, leur calendrier précis et les éventuelles adaptations du cadre juridique restent donc tributaires des décisions institutionnelles à venir.
Le dialogue politique privilégié
Au-delà des aspects techniques et juridiques, Mouhamadou Makhtar Cissé a insisté sur l’importance du dialogue entre les acteurs politiques. Il a expliqué que son département entretenait des échanges réguliers avec les partis et les représentants de la société civile, dans le but de recueillir leurs préoccupations et de favoriser un climat politique apaisé.
Le ministre a estimé que la concertation constituait un élément essentiel de la tradition électorale sénégalaise, rappelant que les désaccords avaient souvent pu être résolus par le dialogue.
Il a également salué le rôle de la société civile dans le suivi des processus électoraux, soulignant l’importance de ses contributions au débat démocratique.
Interrogé sur l’existence d’un cadre formel de concertation, il a précisé qu’aucun grand dialogue n’avait été officiellement organisé à ce stade. Il a néanmoins affirmé que les discussions se poursuivaient de manière régulière et qu’un cadre plus formel pourrait être envisagé si les circonstances le justifiaient.
Pour lui, l’essentiel est que les acteurs puissent échanger afin de parvenir à une compréhension commune des enjeux et de créer les conditions nécessaires à la poursuite du processus électoral.
Une décision attendue du président de la République
Sur la question du déclenchement officiel du processus, le ministre a confirmé que l’administration était en place et attendait les actes nécessaires à la mise en œuvre du calendrier.
Il a rappelé que le décret déclenchant le processus relève du président de la République, avant de confirmer que les services du ministère étaient prêts à agir dès que les décisions requises seraient prises.
« Nous sommes en phase avec le président de la République. Donc son appréciation est la nôtre », a-t-il déclaré.
RTS

