Dakar accueille depuis ce mardi 19 mai 2026 la deuxième édition du Sénégal Space Week 2026, un rendez-vous international consacré aux technologies spatiales, à la géointelligence et à l’innovation. Placée sous le thème « Géointelligence, sécurité et défense : le spatial au service de la sécurisation de nos territoires », cette édition marque une nouvelle étape dans les ambitions du Sénégal de devenir un acteur majeur du spatial en Afrique.Lors de la cérémonie d’ouverture, le directeur général de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES), Maram Kairé, a livré un discours fortement axé sur la souveraineté technologique, la gouvernance des données et le développement d’un écosystème spatial national.
« Le spatial ne doit pas être perçu comme un luxe technologique réservé aux grandes puissances. Il est avant tout un outil concret au service du développement humain, de la souveraineté et de la transformation structurelle de nos économies », a-t-il déclaré devant des représentants gouvernementaux, diplomatiques, militaires et scientifiques.Le Sénégal space week 2026 réunit plusieurs experts internationaux, agences spatiales, chercheurs, investisseurs ainsi que des représentants des forces de défense et de sécurité. Le programme prévoit notamment des panels sur la coopération internationale, la sécurité, les applications opérationnelles du spatial, le financement des startups et la géointelligence.
Dans son allocution, Maram Kairé a insisté sur le rôle stratégique des technologies spatiales dans un contexte mondial marqué par les défis sécuritaires, climatiques et technologiques. « Jamais dans l’histoire contemporaine, la donnée n’a occupé une place aussi stratégique. Jamais la maîtrise des infrastructures technologiques n’a été aussi étroitement liée à la souveraineté des États », a-t-il soutenu.
Le directeur général de l’ASES a également détaillé plusieurs chantiers stratégiques engagés par le Sénégal, notamment l’élaboration prochaine d’une politique et d’une stratégie spatiales nationales destinées à structurer durablement le secteur.
« Notre ambition est de doter le pays d’une vision spatiale claire, pragmatique, progressive et adaptée à nos réalités nationales et africaines », a affirmé le patron de l’ASES.
Au-delà de la dimension technologique, Maram Kairé a défendu une approche tournée vers les usages concrets du spatial dans les politiques publiques. Agriculture, gestion des ressources en eau, prévention des catastrophes, surveillance maritime, télémédecine ou encore aménagement du territoire figurent parmi les secteurs ciblés. « Le citoyen doit pouvoir ressentir concrètement les bénéfices des technologies spatiales dans son quotidien », a-t-il insisté.
L’ASES travaille également sur plusieurs infrastructures majeures, parmi lesquelles le premier observatoire astronomique et astrophysique du Sénégal ainsi que le projet « Senegal Space Valley », qui doit accueillir des centres de traitement de données satellitaires, des plateformes d’innovation et de futurs centres d’assemblage de microsatellites.
Cette ambition s’inscrit dans la continuité du programme spatial sénégalais lancé ces dernières années avec le projet SenSAT et le lancement du nanosatellite GaindeSat-1A, destiné notamment à la collecte de données environnementales et hydrologiques.
Pour Maram Kairé, la réussite du projet spatial sénégalais passera aussi par la formation de nouvelles compétences locales.« Le pays doit former des ingénieurs, des data scientists, des spécialistes en intelligence artificielle, des analystes géospatiaux et des entrepreneurs technologiques », a-t-il expliqué, avant d’appeler la jeunesse africaine à investir davantage les filières scientifiques.
Le responsable sénégalais a enfin plaidé pour une Afrique capable de produire sa propre innovation technologique et scientifique.« L’Afrique doit croire en sa capacité à produire de la science, de la technologie et de l’innovation de très haut niveau. Le spatial peut devenir pour notre continent un formidable accélérateur de souveraineté, de résilience, de croissance et de transformation économique », a indiqué Maram Kairé.
Cheikh Tidiane NDIAYE

