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Entre frustrations du patronat local, controverses sur l’attribution des prestations et incertitudes protocolaires, les Jeux olympiques de la Jeunesse de Dakar, qui doivent accueillir sept Chefs d’État pour un Sommet consacré au Sport- dont une participation confirmée du président mauritanien Mohamed Cheikh El-Ghazouani-  abordent leur cérémonie d’ouverture dans un climat moins serein qu’espéré.

À quelques heures du lever de rideau des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, les derniers préparatifs ne sont pas exempts de grincements de dents. Derrière l’ambition historique d’offrir à l’Afrique ses premiers JOJ d’été, plusieurs choix organisationnels suscitent interrogations et mécontentements dans les milieux économiques sénégalais.

Premier foyer de crispation

Les dysfonctionnements ne manquent pas: la place réservée aux entreprises nationales reste le talon d’Achille du portefeuille des marchés. L’attribution de prestations liées aux infrastructures temporaires et aux équipements événementiels à l’ivoirienne AYUF Holding, révélée par nos confrères du quotidien sénégalais DIRECT NEWS, alimente les frustrations d’opérateurs sénégalais qui espéraient davantage bénéficier des retombées économiques de cette manifestation continentale. Une question sensible, d’autant que le comité d’organisation avait fait de la participation du secteur privé local un argument de valorisation de l’héritage économique des Jeux. Le président du COJOJ, Mamadou Diagna NDIAYE, avait pourtant annoncé, en juillet dernier, que plus de 70 % des marchés avaient été attribués à des entreprises sénégalaises.

Autre affaire de discorde révélée en exclusivité par Confidentiel Afrique est celle de la logistique. Africa Global Logistics (AGL), partenaire officiel des Jeux, filiale du géant français BOLLORÉ, occupe une place stratégique dans le dispositif en raflant le marché de la manutention portuaire liée aux JOJ 2026. À cela s’ajoute le choix de Havas Africa pour le marketing digital et le ticketing électronique, notamment la commercialisation des billets. Ce choix de préférence des organisateurs aussi, éventé par Confidentiel Afrique dans une édition électronique précédente agace et fait bruit. Ce dernier dossier intervient dans un contexte où la communication du COJOJ a déjà essuyé des critiques sur ses insuffisances et ses réajustements internes.

Participation des Chefs d’État serait- elle bizutée?

Mais c’est peut-être sur le terrain diplomatique que les dernières incertitudes sont les plus révélatrices. Alors que l’organisation a fait état de la présence attendue de sept à neuf chefs d’État, une source protocolaire confie à *Confidentiel Afrique* qu’à ce stade, seul le président mauritanien serait effectivement confirmé pour la cérémonie d’ouverture. Un écart notable entre les ambitions d’affichage diplomatique et les confirmations recueillies dans les circuits protocolaires.

Ces contrariétés ne préjugent évidemment pas du déroulement des compétitions, encore moins de la capacité du Sénégal à réussir ce rendez-vous historique. Elles posent néanmoins une question de fond : au-delà de la vitrine sportive et de la fierté continentale, qui profite réellement de l’économie des JOJ ?

Dakar s’apprête à entrer dans l’histoire. Mais l’héritage de ces Jeux se mesurera aussi à la capacité du Sénégal à transformer cette vitrine internationale en opportunités concrètes pour ses entreprises, ses travailleurs et sa jeunesse.

Par Hippolyte GOURMANTIER (Confidentiel Afrique)

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